ruellePetite

 

J'ouvre les yeux.

 

Rien.

 

A peine une blancheur nébuleuse.

Mes doigts frôlent les parois du cocon qui m'enserre.

Étrange matière qu'un mot égaré pourrait enflammer.

Des sons feutrés parviennent à mes oreilles.

Le vent vient perdre son dernier souffle dans mes cheveux.

Un souvenir de parfum transperce l'air jusqu'à mes narines.

Tout semble figé autour de moi.

 

Et j'ai peur.

 

Là, des ébauches de regards au-dessus de bouches aphones.

Au loin, le rugissement éteint des combats d'antan.

Je marche sur un tapis tissé d'indifférence,

Mes pieds nus dansant bientôt sur des braises glacées.

 

Et ça brûle.

 

Alors je souffle de toutes mes forces.

Je pousse un cri pour déchirer ce brouillard aveuglant.

Pour retrouver dans l’œil des autres un éclat de quelque chose.

 

Que sais-je ?

 

Une rumeur de vie, un zeste de mouvement.

Écouter dans les rues l'écho d'un fier grondement.

Pouvoir avancer sans aigreur aux côtés de ceux que j'aime.

 

Et regarder l'avenir sans y voir le passé.