Med'Celine

09 septembre 2019

Odorat

smoke-1830840_960_720

Une simple anecdote aujourd'hui, sur la différence de perception.

Un récent soir d'été, ma fille est allée assister à un concert de jazz avec son père et une copine. L'ambiance était bonne, la météo, parfaite. Immanquablement, dans ce genre de festival, on rencontre aussi quelques personnes un peu trop détendues, à l'élocution imparfaite. L'une d'entre elles a posé une question existentielle à ma fille et son amie, 12 et 13 ans au compteur. Leur réponse a été immédiate et sans appel :

" C'est par là-bas, on a senti l'odeur !"

Mais quelle était la question, me direz-vous ?

Selon le père de ma fille, la personne leur aurait demandé "vous savez où je peux trouver du chichon ?"

J'ai été impressionnée par le sens de la répartie des deux gamines. Je me suis un peu interrogée quand même sur le fait qu'elles connaissent l'odeur de l'herbe...

Mais selon ma fille, il ne s'agissait absolument pas de cela. La personne voulait savoir où elle pourrait trouver des chichis...

La réponse était valide également. D'autant qu'un vendeur de churros était bien dans la direction indiquée. Cela m'a vaguement rassurée, je ne sais pas pourquoi...

Je n'ai pas pu connaître le fin mot de l'histoire, chacune des deux parties restant sur ce qu'elle croyait avoir entendu. Mais nous avons vraiment beaucoup rigolé ! Pour la rentrée, je programmerais bien un RV chez l'ORL, mais pour qui ?

Posté par Medceline à 09:05 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , ,


02 septembre 2019

Série mystère

20190818_152059

 

 

Voilà.

Les vacances se terminent en douceur (remplacer le "c" par un "l" si vous voulez). Et comme j'ai été extrêmement fainéante en écriture cet été, j'ai décidé, pour ce lundi de dure reprise, de simplement vous demander ce que vous voyez sur cette photo... J'active le mode curiosité. Le ou la gagnante bénéficiera bien sûr de toute mon admiration ! 

Je souhaite à tout le petit monde qui graviterait dans le coin de passer le cap de septembre avec brio...

Posté par Medceline à 09:05 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : , ,

26 août 2019

A l'amie-arbre

ramifications

Souvent je te regarde sans te comprendre. Enfin, pas vraiment. Posée en face de toi, loin de l'autre côté de cette table qui semble toujours plus nous éloigner, je te vois tordre tes pensées dans tous les sens. Ton visage n'est qu'une ombre parcourue par des frissons d'humanité. Tes yeux d'enfant perdue peinent à trouver leur chemin vers l'adulte que tu es.

"Ce n'est pas grave", me dis-tu tandis que les larmes coulent sur tes joues sans que tu puisses les retenir. Le sel qu'elles contiennent est tour à tour hormonal ou existentiel, passionné ou épuisé. Je me replie en moi-même pour mieux t'écouter. J'enfile ma carapace d'amitié, celle des jours de cristal, fragile et transparente. Je sais que tes mots ne feront que la caresser sans l'abîmer. Et que ses chatoiements se reflèteront dans tes yeux comme autant de mirages.

Je te regarde te débattre dans l'entrelac de tous ces pourquoi que tu projettes vers le ciel, avide de réponses. Chacun d'entre eux zèbre l'espace comme un éclair, générant à son tour d'autres ramifications se multipliant elles-mêmes à l'infini. Je te vois comme un arbre posé à l'envers sur l'écorce du monde, projetant tes racines vers le ciel, dans l'insatiable attente d'une nourriture spirituelle qui ne vient pas. Ou si peu. Tu te nourris au compte-goutte des rencontres dont la vie te fait l'aumône. Tu chines ici et là quelques réponses disparates, dont tu ne sais que faire.

Ce que tu cherches au-dehors, dans le regard des autres, n'est que le pâle reflet d'une réalité que tu ne comprends pas. Tu es murée dans le silence de ta tour d'ivoire, apeurée d'en sortir comme un escargot un jour de canicule. Tes émotions ont du mal à être contenues, elles suintent de toi comme des plaies à ciel ouvert. Tes cicatrices d'enfant ne sont pas encore cautérisées. L'attention dont tu as cruellement manqué resurgit en tsunami perturbant. Et tu n'as jamais eu le code secret pour communiquer simplement avec autrui.

Et moi, dans tout ça ?

Moi, je t'offre un café avec du chocolat noir. Je te parle de ces voyages extraordinaires que tu fais en Afrique ou ailleurs, quand tu chasses les paysages avec ton appareil photo. Je te serre dans mes bras quand tu pleures. Je prépare un festin avec les restes du frigo. Je te demande de me jouer la sonate au clair de lune sur ton piano à queue. Je pars en pique-nique avec toi sur le sommet d'un ancien terril au nord de Nantes. Je t'écoute me parler de ton chat, ton ami de tous les jours. Je me tais aussi. Souvent. Je n'arrive à te parler qu'à travers mes silences.

Sauf une fois. Je t'ai dit que peut-être, ce serait bien d'aller voir du côté des zèbres si tu ne serais pas un membre depuis longtemps égaré de leur troupeau...

Posté par Medceline à 09:05 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , ,

19 août 2019

Total scred

woman-986491_960_720

Martine ne venait pas seule. En fait, elle ne venait pas pour elle, mais pour sa fille Clotilde, 24 ans, grande blonde aux yeux verts et tristes et à la lèvre inférieure tremblotante. La jeune femme terminait des études d'informatique par un stage dans une start up parisienne, et ça ne se passait pas vraiment bien.

L'histoire habituelle. Le patron, hyper sympa, qui tutoie tous ses collaborateurs dès le début. On est avant tout une famille, des potes de bureau, on boit un coup après le travail, mais c'est encore du taf qui ne dit pas son nom. Et puis pourquoi tu couperais ton portable le week-end ? On a un projet brûlant sur le feu, tu te débrouilles vraiment bien, on a vraiment besoin de toi. Tant pis si ton statut de stagiaire ne te rapporte pas grand chose. Ah, j'oubliais, on va signer des contrats hyper importants demain, on va bosser tard, ce soir. On va chez moi, on sera plus tranquilles. Oui, juste toi et moi.

Bref. Tout en écoutant Clotilde me raconter le harcèlement et le burn out les larmes aux yeux, je regardais Martine. Elle avait l'air effrayé d'une bête traquée. Ses sourcils tressautaient au rythme des horreurs que narrait sa fille. Les tracas avaient creusé son front, là, juste au milieu. Ses lèvres disparaissaient à force d'être trop serrées. Je sentais la faille dans ses doux yeux humides. Une mère inquiète. Qui vivait dans sa chair les souffrances de son enfant.

Un arrêt de travail plus tard, j'ai revu Clotilde seule. Elle allait mieux, son stage était terminé et elle se projetait dans une autre branche professionnelle. Le travail avec une psychologue l'avait beaucoup aidé à prendre cette décision.

Et puis j'ai aussi revu Martine. Seule. Et j'ai compris la douloureuse symbiose que j'avais ressentie lors de la première consultation. Dès le premier regard, en fait, quand elle a ôté ses lunettes de soleil et que j'ai vu le spectre de l'arc-en-ciel déployé tout autour de son oeil droit.

L'histoire habituelle. Un mari pervers narcissique, hyper sympa au début, brillant en société, tellement épatant que forcément, c'était de sa faute à elle s'il se mettait parfois en colère. Un type si merveilleux ! Elle ne le méritait pas, c'est ce que disaient leurs amis communs. Enfin... Ses amis à lui, parce que les siens, ils avaient vaguement disparu du tableau. Elle ne savait plus vraiment quand elle s'était retrouvée seule dans l'antre de la bête.

Un divorce plus tard, Martine est revenue me remercier. Devant mon regard interrogatif, elle m'a dit que j'avais écouté sa fille comme il faut. Qu'elle l'avait observée pendant sa lente reconstruction. Qu'elle s'était peu à peu demandé si elle aussi, elle ne pourrait pas essayer. Peut-être qu'il n'était pas tout à fait trop tard. Elle avait pris un timide rendez-vous avec la psychologue. Puis un second. Et elle avait remonté tout son escalier depuis la cave où son mari la séquestrait.

Maintenant, Martine va bien. Elle a sagement déplissé son front et rajouté des petites pattes d'oie autour de ses yeux. Et j'ai pu constater que quand elle sourit, elle a de fort jolies dents. Pour croquer la vie !

 

Posté par Medceline à 09:05 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

12 août 2019

Le coude faux lit.

musaraignee

 

Ce soir, mon poète est arrêté. Comme un poisson à l'air si seul.

Il a perdu sa muse qui ne s'amuse plus, mais alors plus du tout.

Sa muse a régné, pourtant. Mais las, la muse-araignée l'a quitté...

Il pleure, le poète. Ô larmes, l'oeil est rouge !

Et rouge est l'oeillet qu'il respire profondément.

Il espère que ce parfum l'inspirera. Un pare-fin, peut-être ?

Il soupire, aïeux cruels. Et ses vers voguent vers le soupirail cruel.

Si seulement...

Mais scie seule ment. Alors que six scies, beaucoup moins. C'est impérial.

Fiers copeaux, de bois en papier finissez !

Le poète est presque prêt, de ses mots jaillissent les cris. Il est encore si près de ses maux...

Va, fidèle ami. Va, fi de la mie.

Ta folie abrasera le néant, et taf au lit à bras sera le nez en plein milieu de tes figures de style.

Que jaillisse l'écrit !

Et que faux lit, devienne raie alitée !

 

 

Posté par Medceline à 09:05 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , , , ,


05 août 2019

Toulouse

C'est l'été. Un peu de légèreté sans mots à l'intérieur. Juste quelques photos de la ville rose découverte en pleine canicule de façon plutôt vespérale, du coup....

toulouse1

toulouse

 

toulouse3

toulouse4

toulouse5

toulouse6

toulouse7

toulouse8

toulouse9

toulouse10

toulouse11

toulouse12

toulouse13

toulouse14

toulouse15

toulouse16

toulouse17

toulouse18

toulouse20

Posté par Medceline à 09:05 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : ,

29 juillet 2019

La fille de l'Est lointain.

umbrella-1822478_960_720

Elle est grande, 1m80 peut-être. Brune, les cheveux raides en carré long effleurant la ligne de ses épaules. Un tee shirt blanc cassé moule sa poitrine menue. Elle a de grands yeux noirs aux longs cils épais. Sa bouche peinte en corail est pulpeuse et souriante, laissant apparaître une dentition perlée parfaite. La peau dorée de son visage est un peu épaisse, quelques cicatrices sur les joues évoquent un souvenir d'acné.

De sa chaude voix à l'accent chantant, elle me dit qu'elle a attrapé un rhume la semaine dernière. Elle a pris un peu de paracetamol et une tisane dont j'ai oublié le nom, mais que sa grand-mère encore au pays lui avait conseillé de prendre. Elle était inquiète car elle avait mal à la tête depuis deux ou trois jours, ce qui n'était pas habituel chez elle. Je l'examine. C'est une sinusite frontale. Fastoche. Je lui demande ses antécédents, si elle a des allergies. Non. Edition de l'ordonnance standard. Fin de la consultation. Au revoir mademoiselle.

Et puis en fin de compte, pas tout à fait. Elle me dit qu'elle aurait autre chose à me demander. Oui ? Je vous en prie, quelque chose vous tracasse ? Elle voudrait savoir si c'est normal d'avoir mal, la première fois. C'était la semaine dernière. Le garçon voulait très fort, elle ne savait pas trop. Finalement, il a essayé quand même, mais vraiment, c'était trop douloureux, alors elle a réussi à s'extiper du lit en disant "non". Elle m'a alors dit : je suis une femme transgenre thaïlandaise, vous savez. Son sourire était toujours éclatant, et j'ai compris ce qui m'avait un peu déroutée quand je l'avais vue entrer. Sa grande taille, sa peau et le timbre de sa voix. Rien de vraiment flagrant, juste des indices qui me paraissaient maintenant évidents.

Nous avons alors discuté de tout, de rien. De la fréquence assez importante en Thaïlande de personnes intersexes, de la grande tolérance à leur égard, de son traitement hormonal qu'elle prenait depuis 7 ans, du fait qu'elle ne s'était pas faite opérer. Elle m'a avoué qu'elle aurait aimé arriver vierge au mariage, et tomber sur quelqu'un de bien dont elle serait tombée amoureuse. Je lui ai prescrit quelques tests de dépistage, la routine. Discussion sur la notion de consentement, de plaisir et de protection contre les IST. Bref, une consultation somme toute bien normale.

A l'Est rien de nouveau. Enfin si, peut-être. C'était vraiment une très belle jeune femme.

Posté par Medceline à 09:05 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

22 juillet 2019

Ami calmant

conversation-3513843_960_720

J'aime aller chez toi, mon ami. T'écouter parler, raconter, rire. Nous formons un drôle d'attelage, toi et moi. Nous ne marchons pas droit, et avec tes creux qui épousent mes bosses, nous avons l'allure d'un serpent un peu bancal. Nous sinuons donc ensemble le temps d'une journée, quelques rares fois dans l'année. J'allume ton étincelle au briquet, tu souffles sur ma flamme endormie, et nos bouches ainsi réveillées se mettent à projeter des mots dans ton salon. Ils viennent nous chatouiller les oreilles avant de s'y glisser comme dans un duvet moelleux. Ils se sentent bien. Accueillis.

Et des mots, il en vient sans cesse. Leurs flots tumultueux pétillent, tourbillonnent, éclaboussent de leur joie nos deux vies ainsi réunies. Tu m'écoutes et je découvre que je sais parler. Je retrouve le goût d'aligner mes trois neurones sur l'axe d'une cohérence oubliée. Et ça fait du bien. Nos paroles glissent doucement de l'extérieur vers l'intérieur. La politique, la météo, le boulot, la vie de famille, parfois vide famille. Les blessures et leurs cicatrices, l'égo blessé, l'incompréhension du monde. La difficulté de se connaître, de tisser des liens, de les conserver. De l'amour, de son existence hypothétique à sa disparition en mirage. Un peu de tout, un peu de rien. Beaucoup, en fait. Le temps passe, invisible.

Déjà 8 heures que nous refaisons nos mondes... A peine un instant. Déjà je dois repartir, retrouver le flux laminaire du quotidien et ses mortes eaux. Je sens déjà se calmer le tourbillon de mes pensées. Elles s'agiteront sans doute encore un peu avant de retrouver leur vase. Merci à toi, mon ami, le meilleur, d'avoir dansé avec elles et de leur avoir redonné une forme humaine. Je me sens bien, légère et vivante. Je me souris dans le miroir de courtoisie. J'ai l'oeil qui frise et les pensées aérées. Je m'envole !

Posté par Medceline à 09:05 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

15 juillet 2019

Faire l'autruche sans culpabiliser : un mythe ?

autruches

Ce matin, tu t'es levé avec la nausée. Un air de gueule de bois. Sauf que hier soir, tu n'as bu que de l'eau. Tu essaies de rajuster tes yeux dans leurs trous. Sans succès. Alors tu tentes de comprendre ce qui a pu te mettre dans cet état. Tu actives ton secteur mémoriel pour rembobiner le film.

Il y a eu le radio réveil, en premier. Il t'a arraché à un semi-rêve comme on extrait un bigorneau de sa coquille. Tu t'es retrouvé dans tes draps sans l'avoir demandé. Et dans le poste, le commentateur t'a susurré les dernières nouvelles. Encore trente migrants retrouvés gonflés à bloc en Méditerranée. Tu t'es assis au bord du lit. Tu as frotté tes yeux en baillant. Puis tu t'es levé, et tu as rejoint la salle de bain d'un pas incertain. Par la fenêtre ouverte, tu as entendu les beuglements de ton voisin cérébro-minimaliste. Il a déjà activé le mode "vociférations gutturales" pour engueuler sa femme. Son chien s'est mis à hurler quelques secondes, juste le temps qu'il lui colle un pain pour le faire taire. 

Tu t'es débarbouillé avec un gant d'eau froide, il n' y a que ça pour te réveiller. Tu es descendu dans la cuisine. Un café. Deux tranches de pain. Et la radio, encore. On te parle de décroissance. De fin du monde. De la mort programmée d'internet vers 2035. Du moment où tu te diras, le cul collé dans ton fauteuil : "que sont mes amis virtuels devenus ?" Tu éteins le poste. Tu files t'habiller. Bientôt 8h, faudrait pas arriver en retard au boulot.

Dans ton diesel, tu ne résistes pas. Tu allumes la radio. Le silence te fait peur, on dirait. Tu as tort. Mais tu ne le sais pas. Tu subis encore un peu de ce long laminage médiatique adopté depuis ta plus tendre enfance. La faute à tes parents, addicts à Radio France. De quoi t'entretient-on, maintenant ? Ah oui ! La pollution aux microparticules. La faute au diesel. La cause des crises d'asthme de tes gosses. Alors, tu la démarres, ta caisse, ou quoi ? Tu vas vraiment être en retard !

Sur le trajet, ton smartphone émet un glapissement de notification. Comme un bon petit soldat, tu attends le prochain feu rouge pour regarder de quoi il s'agit. Ta meilleure pote t'envoie un MMS. Pas urgent, tu le regarderas au bureau. Il n'y a pas beaucoup de travail en ce moment. Tu auras bien dix minutes pour checker ça. Sauf que le lien, il dure une heure environ. Pas grave, les dossiers attendront un peu. C'est un documentaire sur une université américaine, "Evergreen". Tu regardes et tu as vraiment envie de vomir. Ton malaise, tu ne sais pas d'où il vient. Est-il la conséquence du sujet du doc ? Ou de la façon dont il est traité par le youtoubeur ? Tu retiens juste que les extrémismes sont mauvais, de droite comme de gauche, et que tous les hommes sont égaux en connerie. Tu te demandes quand même à quel niveau tu te fais manipuler en regardant ça.

L'après-midi, tu passes un coup de fil à ton amie. Tu parles juste trente secondes du film, tu n'as pas les mots. Et dix minutes à blablater sur des trucs insipides. A 18h, tu rentres à la maison. La radio encore. La canicule. Le réchauffement climatique. Tu ouvres les fenêtres pour respirer, même s'il ne fait pas si chaud que ça, ce soir. Douche, dîner léger et télé. Tu deviens enfin actif et tu zappes. Tu évites soigneusement BFM, Arte et France Info. Tu te cales sur un truc débile et tu laisses tes neurones jouer dans le bac à sable.

Et quand tu te couches enfin, tard, tu as encore envie de vomir. Fais de beaux rêves, mon canard. Parce que demain, tu perdras sans doute encore quelques plumes de bonheur.

 

Posté par Medceline à 09:05 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , ,

08 juillet 2019

Réveil

steampunk-4098082_960_720

Cela fait un moment que tes lèvres regardent vers le bas. Que la gravité les attire de plus en plus, arquant d'une ombre négative le bas de ton visage. J'ai vu ta bouche autrefois rieuse se laisser blanchir à force de serrer les dents, et tes mâchoires contractées ne plus permettre le passage qu'aux sons monolithiques issus de ta gorge. Des bruits de pierres qu'on frotte. Des frictions de métaux mal lubrifiés. Des crissements de craie sur un tableau trop noir.

Il y a eu ce coup de téléphone, ce matin. Tu as décroché. Et j'ai vu soudain s'allumer une lueur dans ton regard. Juste un fond d'étincelle, l'éclair d'une lointaine galaxie. J'ai senti que tes lèvres voulaient s'ouvrir. Mais la rouille du silence les avait cadenassées pour de bon. Tu as raccroché. Tu t'es mise devant la glace. Et tu as regardé. D'un doigt, tu as relevé le coin de tes lèvres comme tu aurais fait un chignon de tes cheveux. Tes yeux ne disaient encore rien, cachés derrière leurs paupières.

Puis doucement, j'ai vu apparaître des microsillons au coin de tes yeux. Des petits restes de bonheurs enfuis. Ta bouche a desserré son étau peu à peu, découvrant tes dents depuis si longtemps calfeutrées. Ton visage est entré en lente éruption, tes joues se sont relevées elles aussi, et j'ai entendu un bruit. Enroué, grippé d'abord. Puis plus clair, plus pur. J'ai enfin vu l'éclat de ton rire se répercuter sur tout ton être. Tout ton corps a expulsé les émotions si longtemps contenues, innondant la pièce d'un séisme de joie. Je t'ai demandé qui t'avait ainsi réveillée.

- C'était l'horloge parlante. Le Temps s'est remis en marche. Enfin ! On va pouvoir avancer !

Alleluia ! La vie continue...

Posté par Medceline à 09:05 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : , , ,