La chambre
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La chambre est un lieu interlope, où se côtoient maints vendeurs de sommeil
La file d'attente est longue, le repos est une drogue aux vertus sans pareilles
Postuler au casting légendaire du dormeur, même éveillé, attire les foules.
Chacun chacune n'a qu'une envie : de la nuit vite enfiler la cagoule.
Venir se pré-lasser, fermer les yeux et doucement se couler dans l'intrigue,
Mollement sous la couette s'enfoncer avant le délicieux assaut de la fatigue.
Las... L'insolent scénariste est de façon notoire un incurable vicelard,
Qui de son chimérique storyboard, exhibe sans décence les pires cauchemars !
De répugnants satyres mènent en riant des chèvres à propulsion quantique,
Tandis que trois neurones en berne rament en cadence contre le courant anarchique
Ils s'escriment, se tortillent, s'échinent et se bousculent.
Mais rien n'y fait, car sans cesse vers lui les aspire le crépuscule.
Heureusement, une solution s'esquisse en douceur et s'immisce en songe
Un sauveur surgit en majesté, drapé dans son peignoir en tissu-éponge,
Armé de son trident à bretelles et d'une ardeur plutôt contrariante,
Il entame avec une évangélique ferveur de son piédestal la descente.
Il virevolte et entortille d'un geste tournoyant les terribles appendices
Qui, plein d'audace, escaladaient les plus beaux rêves jusqu'à mi-cuisse.
Et tandis que faunes et cabris dégringolent pêle-mêle en débâcle,
Il jette en pâture un selfie céleste à ceux qui plus tard nommeront cela « miracle ».
Dommage... Onc ne saura jamais la destination des caprins supraluminiques
Peut-être soupiraient-ils après une planète de vieilles mais expertes biques
Qui de leurs bergers chèvre-pieds auraient pu scientifiquement se divertir
Mais il est plus que temps de ce si profond sommeil revenir
Et de laisser l'aube déclore les paupières et ranimer les muscles assoupis
Exilant ainsi les derniers lambeaux d'étranges mondes en charpie
Aux confins de la pensée consciente, lisière bien fragile mais efficace
Contre un somnambulisme certes, enthousiaste, mais aux dangers cocasses.
NB: je le republie, il avait disparu... L'interface de Canalblog a tellement changé que je me perds...