04 octobre 2008
Med'celine au pays des muscles
Hier matin, guillerette et pleine de bonne volonté malgré une nuit épouvantable écourtée, j'ai décidé de mettre à l'épreuve mes diverses masses corporelles cellulitiques en testant la salle de musculation (bénéficiant d'un tarif exceptionnel de mon espèce de CE personnel). Habillée de pied en cap pour l'occasion (vieilles Nike de la nuit des temps, chaussettes dépareillées, T shirt conjugal et pantalon Décathlon), je me suis dirigée d'un pas volontaire vers la salle de torture (enfin, d'un volant volontaire plutôt, écolo oui, mais pas prête à fournir un pré-effort pédestre de 5 km...). Après avoir tourné plusieurs minutes autour du bâtiment désespérément clos, je rentre par une porte fenêtre et soulève le lourd rideau gris afin d'arriver sur un terrain de badminton, celui-ci jouxtant mon but.
Enfin, je débarque. Le couloir est rempli de personnes d'âges divers et surtout avariés, avec une nette tendance à dépasser la soixantaine, certes glorieuse, mais quand même. Je rentre dans la salle proprement dite avec une lueur de fierté (quand même, franchir ce pas immense pour moi me rappelle la phrase d'Armstrong sur la Lune!).
Je suis déconcertée par les dizaines de machines alignées devant moi. Mon regard perdu va de l'une à l'autre. Je cherche une bonne âme pour me décortiquer le mode d'emploi de chacune, et je jette mon dévolu sur un charmant et sémillant jeune homme à l'oeil compatissant. D'un sourire entendu et malgré tout avenant, il me "coache" en me disant de faire comme lui. Brave homme... Il se met sur le vélo pour l'échauffement, je l'imite. Enfin, le geste y était mais pas la fréquence de pédalage... J'ai ramé péniblement pendant 5 minutes avant de m'apercevoir, pauvre créature aux blondes ancêtres, qu'il était réglé sur "force 5"... Mes quadriceps tout tremblants en déroute, je me suis mise en quête d'autres sensations.
La planche à abdos était faite pour moi, pensé-je sans détours. Un ventre de béton, voilà ce qu'il me faut! Sur ma requête, un papi obligeant s'allonge pour la démo: tête en contrebas, il me fait impeccablement une petite série de 5, avant de m'expliquer comment travailler les obliques en me relevant coude contre genou opposé. Facile, je me dis. Je m'installe péniblement en position, je bloque mes pieds sous les coussins prévus à cet effet, je bande mes tablettes de chocolat et ... je décolle la tête de 5 cm... avant de m'affaler lamentablement avec un fou rire nerveux. Je descends, règle la table à l'horizontal et remonte courageusement sur la bête. Bon, j'ai dû doubler mon score, quand même... J'ai donc constaté l'étendue des dégats!
Je passe ensuite sur mes essais infructueux sur d'autres machines, bien que réglées sur le minimum (5 ou 10 kg). Ne pas m'apesantir non plus sur les remarques un peu ironiques de mes co-disciplinaires, m'indiquant que là, sur ce poste, il fallait être à plat ventre et non sur le dos comme j'étais... Bêcheurs, ces papis, quand même!
Puis j'ai laissé mes yeux divaguer (tout en travaillant d'arrache-pied mes pectoraux) vers un beau spécimen mâle qui enchaînait une dizaine de tractions pendant que je m'arrêtais en me massant mon épaule droite endolorie.
J'ai quand même réussi à activer mon body pendant plus d'une heure! Je bats des records en ce moment....
26 septembre 2008
Et l'infanticide, ça va chercher dans les combien?...
Je fulmine... Je me sentais si bien, l'autre soir, après mes exploits sportifs de haut niveau... Une pêche miraculeuse jusqu'à des heures indues, les yeux grands ouverts sur le ciel étoilé et la lune croissantine aperçue par la verrière de la cuisine... Mais le revers fut rude... Après avoir fait la crêpe dans mon lit pendant 2 heures, je sentais que ça y était, j'étais au bord du sommeil, comme devant un précipice où je me serais volontiers laissée glisser. Et... à ce moment précis, téléguidée par je ne sais quelle mauvaise intention, ma fille a commencé à émettre des sons déplaisants: pleurs, cris et autres désagréments vocaux. Mon oeil torve a effleuré le radio réveil: 3 heures du matin... J'ai essayé de respecter les conseils de tout pédiatre digne de ce nom (ne pas craquer, ne pas craquer, ne pas craquer...), ce qui a duré approximativement 45 minutes (un record).
Puis, tels des zombies, et quitte à, tant pis, ne pas rendre service plus tard au petit monstre en couche culotte, nous nous sommes levés, faibles personnages que nous sommes, pour biberonner un peu , histoire d'occuper ces quelques instants de désoeuvrement nocturne.
Et pourquoi les enfants arrivent à se rendormir commes des souches, et pas les parents? C'est d'une injustice, ça!
Cinq heures du matin... J'arrive enfin à somnoler, vu que mes souvenirs de cette période sont réduits à néant. Mais pourquoi le sort m'a-t-il poursuivie quand, à 6 h 50, les jérémiades du susdit monstre ont repris de plus belle?...
Bilan de la nuit: 2 heures de sommeil, une humeur exécrable dès le petit déjeuner, et une matinée de consultations bien difficile à assurer. Si je n'avais pas dormi en faisant une garde, j'aurais au moins gagné des sous, vénale que je suis! La maternité, ça ne rapporte que des cernes... Mais je ne suis pas sûre du tout que j'apprécierais d'être payée pour cela: le concept du retour au foyer des femmes n'est pas pour moi, et je fustige nos dirigeants qui seraient bien contents que cela se produise.
Heureusement, la journée fut calme, les patients venaient pour la plupart pour des certificats médicaux sportifs, c'est assez routinier quand tout va bien.
Et ce matin, moment de pur bonheur, je (re)découvre Keith Jarrett et son concert de Köln... Planant!
Merci Olivier!
http://fr.youtube.com/watch?v=jzqMJWlKMsY
http://fr.youtube.com/watch?v=6uWt5bzaCVc&feature=related
http://fr.youtube.com/watch?v=tfuSk4oQhxQ&feature=related
http://fr.youtube.com/watch?v=sSfmAX8mwa4
http://fr.youtube.com/watch?v=dgwE5CFzh5o&feature=related
http://fr.youtube.com/watch?v=5lckYvuWrOo&feature=related
24 septembre 2008
Le petit nuage
Aujourd'hui, je flotte, je survole ma vie sur un tapis moelleux à 300 pieds de haut. Je me sens si légère, si aérienne, que je m'envole, la pesanteur ne pouvant guère me retenir. Les nuages filent à toute vitesse et sifflent leurs mots doux à mes oreilles attentives.
Je ne sens plus mon corps et ses vieilles douleurs, même si je sais que demain elles me rattraperont, les perfides!
Mon secret? Une nouvelle substance prohibée par nos lois? Un médicament révolutionnaire? La rencontre avec un gourou vaguement sectaire? Le retour d'un amour longtemps perdu de vue? Rien de tout cela? En fait, il ne s'agit que de sport! Déçus?
J'ai enfin renoué contact avec mon corps (il serait temps, à mon âge!). Mon esprit vagabondait au loin, laissant son substratum anatomique en friche. J'ai donc décidé de me jardiner un peu: depuis 3 semaines, je me désherbe, me sarcle et m'étire. Mes muscles en jachère ont l'air de trouver cela plutôt agréable finalement, malgré des débuts chaotiques. Mon cerveau s'est enfin laissé convaincre aujourd'hui de produire quelques molécules endorphiniques, histoire de m'encourager à continuer.
J'ai toujours un peu la hantise du "Non, pas ce soir, il pleut!" ou du "Pffff! Avec les règles, galère!" ou encore du "Fait trop froid pour sortir, là!", quand ce n'est pas le fameux: "Zut, y'a rien dans le frigo, il faut vraiment que je fasse des courses!"...
Mon esprit regorge de bonne excuses, je le connais, pensez, depuis le temps qu'on se côtoie! Qui va gagner la lutte de la motivation?
Le second (gros) problème que je rencontre est assez épineux. Faire du sport doit faire du bien à l'esprit, mais aussi au corps, le tonifiant, le rendant désirable (on peut rêver, quoi!). Le souci est donc de ne pas se précipiter sur le gâteau au chocolat qu'on vient de ramener de la boulangerie avec la baguette de pain (ben oui, je n'avais pas de monnaie, j'ai fait un chèque, fallait bien rajouter quelque chose, on ne fait pas un chèque de 1 euro, non?). Or, le dit gâteau est là, devant moi, à m'étaler son nappage de chocolat noir et ses copeaux de chocolat blanc... Comment résister? Et là, le petit diable contenu dans mon oreille me susurre que je peux bien craquer, vu que j'ai fait du sport et que j'ai (un peu) transpiré: il faut bien prendre des calories pour ne pas risquer l'inanition (bien que dans mon cas, on soit assez loin de ce souci, j'ai du stock). La chair est faible, et mon estomac aussi... Donc, 2 tranches dans la vue, direct dans les fesses pour en renforcer le moelleux. Combien de séances suantes devrai-je effectuer pour racheter ce petit péché délicieux?
C'est vraiment horrible de vivre dans cette société d'hyperconsommation tentatrice...
Et le pire, c'est que je ne ferai même pas mon mea culpa (3 Ave, 2 Pater etc...) et que je recommencerai!!











