Med'celine

Vagabondages d'une femme médecin au pays de l'improvisation...

03 novembre 2009

Un genre particulier

pictures_androgyneRécemment, j'ai vécu un instant un peu surréaliste en consultation, avec une jeune patiente de 19 ans qui consultait pour la première fois au cabinet où je remplace. Comme d'habitude, j'ai commencé la consultation par la fiche administrative (nom, prénom, date de naissance, adresse...), puis j'ai enchainé sur les antécédents médicaux et chirurgicaux. Un peu d'asthme, une vague allergie aux graminées, l'extraction des dents de sagesse, bref, du tout venant. Quand j'ai demandé si elle avait eu d'autres interventions, ses yeux se sont rapidement baissés, le temps d'une fraction de seconde, avec un soupir presque imperceptible et un léger mouvement d'épaules vers l'arrière. Il ne m'en faut pas plus pour flairer la confidence inavouable, celle qu'on terre en dessous de la ceinture... Je ne m'attendais pas néanmoins à la révélation qu'elle m'a faite ensuite, un peu plus tard, alors que nous abordions la notion de prise médicamenteuse au long cours et de contraception.

" Je suis sous Climène, me confie-t-elle.
- Climène? C'est pour le moins inhabituel à votre âge... (NB: il s'agit d'un traitement hormonal substitutif prescrit aux femmes ménopausées).
- C'est que en fait, je suis née avec un caryotype XY.
- Ah!...............ai-je bafouillé avec le menton se décrochant de surprise. Et donc, les autres interventions chirurgicales...?
- Oui. Je suis née fille extérieurement, mais on m'a opérée pour une hernie ovarienne à 6 mois, qui s'est avérée être en fait des testicules intra abdominaux. On m'en a ôté un, l'autre est resté pour que je puisse grandir normalement, et on m'a de nouveau opérée plus tard pour l'enlever aussi, pour éviter qu'il se cancérise. Après, j'ai pris des traitements hormonaux."

Voilà, j'avais devant moi une charmante jeune fille, avec un caryotype masculin et un phénotype parfaitement féminin. Elle a d'ailleurs un petit copain, qui l'accepte comme elle est. Parfois, on se sent silencieux en face de cas aussi particuliers. Je n'en menais pas large, c'était la première fois que j'étais confrontée à une telle ambiguité sexuelle qui n'en était finalement une qu'au plan biologique. Je me suis  tout de même demandée comment elle vivait cela dans son moi intime, mais l'objet de la consultation était ailleurs, je n'ai pas voulu m'apesantir pour satisfaire une curiosité personnelle déplacée...

Illustration: Androgyne from the Nurenburg Chronicle 1493 (Makhlyes, tribu lybienne réputée pour son hermaphrodisme, les individus ayant un côté masculin et l'autre féminin).

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16 octobre 2009

Grippe storming

atchoumGrand moment d'interactivité médicale hier soir, à l'instigation de l'URML des Pays de la Loire (Union Régionale des Médecins Libéraux). Il s'agissait de mettre en présence les différents acteurs de santé intervenant au niveau de la pandémie grippale: la DDASS, le GROG (Groupe des médecins observateurs de la Grippe, seuls habilités avec les CHU à faire des prélèvements à visée diagnostique en cas de suspicion de grippe), le SAMU, le Centre de Vaccination et bien sûr les médecins généralistes. Nous étions quelques centaines à venir ainsi partager un peu de chaleur humaine.

Le message principal était de nous faire comprendre l'intérêt majeur de la vaccination et son absence de dangerosité, preuves à l'appui (études médicales dont le nom m'échappe mais certainement très sérieuses), notamment sur la présence des adjuvants (squalène, thiomersal et hydroxyde d'aluminium), dont l'extrêmement faible quantité en présence rend négligeable tout effet secondaire digne de ce nom. L'argument du syndrome de Guillain Barré a été balayé en quelques secondes, par l'observation d'un plus grand nombre de cas survenant au décours d'une grippe maladie plutôt qu'après la vaccination. Il s'agit donc de rumeurs, de serpent de mer selon le médecin du Centre de Vaccination. Les médias en ont pris un coup au passage, internet également...

On nous a redonné en vrac les symptomes en insistant sur leur début brutal, avec une fièvre pas forcément élevée (>38°C) et la présence de signes respiratoires (toux, dyspnée). Grand moment lorsque le sujet des enfants a été abordé... Les enfants de moins d'1 an sont à risque de faire des formes compliquées. Or, chez eux, les formes cliniques sont souvent atypiques, associant une fièvre élevée (>39°C) à des signes respiratoires, et/ou des troubles digestifs et/ou des convulsions. Nous devrons donc, si nous suivons scrupuleusement les consignes gouvernementales, appeler le centre 15, qui les orientera vers une consultation spécifique "grippe" organisée au sein du CHU ou une de ses antennes, seule habilitée à délivrer un traitement antiviral par oseltamivir (Tamiflu). Donc, si j'ai bien compris, l'âge est en lui-même un facteur de risque, et j'imagine avec horreur tous ces gamins déboulant aux urgences ou au CHU sur avis de leur médecin, embolisant des services déjà bien encombrés... Or, sur les documents, on nous précise plus loin que les 6-11 mois sans facteurs de risque ou signes de gravité pourront être traités en ambulatoire... Je commence à m'inquiéter de ces incohérences...

Comment faire la différence entre la grippe saisonnière, la grippe A et la kyrielle de rhinovirus et consorts hivernaux actuellement bien actifs, et dont les symptomes sont assez ressemblants, sans test valable pouvant être fait en ambulatoire? Démerdez-vous, nous a -t-on répondu en substance, "le bons sens prévaudra".

Et que dire de l'organisation des centres de vaccination?... Chaque citoyen va recevoir une invitation gratuite à se faire vacciner s'il le souhaite. L'envoi se fera par ordre de priorité (femmes enceintes à partir du second trimestre, personnes à risque, etc... La liste se trouve sur les sites dédiés à la grippe), et selon le code postal pour se rendre au centre de vaccination dont il dépend. Comme nous sommes tous fichés, pathologies comprises, par la sécurité sociale, cet envoi sera, on l'espère, cohérent. Le détail de cette monstrueuse organisation a suscité un beau brouhaha parmi les confrères, avec des mots comme "usine à gaz" flottant jusqu'à mes oreilles...

L'organisation des centres de vaccination mobiles a l'air également de poser souci, puisqu'il faut dans chacun d'entre eux une équipe de 15 personnes (administratifs, médicaux et para médicaux), disponibles environ 4 heures par jour selon des tranches horaires bien définies 4 jours par semaine (ou 5, je ne sais plus), et ceci, durant 4 mois. Je me suis demandée pourquoi on ne confiait pas cette campagne aux généralistes, mais certains se sont récriés ("on a déjà trop de travail") ou ont exprimé leur satisfaction ("au moins, s'il y a des problèmes, on ne sera pas responsables", vu qu'en effet, il existera une couverture assurantielle pour les vaccinateurs). J'ai cru comprendre en plus qu'il existait des contraintes techniques pour ces vaccins, notamment au niveau de leur conditionnement. Un autre aspect déplaisant soulevé a également été le constat d'une médecine à deux vitesses, au sein même de notre profession: alors que tout est soigneusement prévu et codifié pour les médecins hospitaliers et leurs secrétaires, rien ne l'est pour les généralistes de terrain et les leurs, de secrétaires, pourtant en première ligne aussi. La DDASS a été incapable de répondre à cette simple question: "où serons-nous vaccinés et quand?".

A l'issue de cette séance, je ne suis toujours pas plus avancée pour mon propre raisonnement, j'ai du mal à me projeter dans l'avenir épidémique, sans doute proche. Comment vais-je gérer le cabinet que l'on m'aura confié à ce moment, si je déborde à plus de 30 consultations par jour? On nous conseille de faire des visites, mais comment, les journées n'ayant que 24 heures et ma tolérance au manque de sommeil assez faible...? Virer les revues et les jouets de la salle d'attente, soit, c'est faisable. Du gel hydroalcoolique à disposition des patients? Oui, mais on nous a conseillé de bien le fixer, sous peine de réveiller les instincts kleptomanes de certains. Et puis les masques... Personnellement, j'aurai du mal à en tolérer un plus de 20 minutes (vous avez essayé, vous? C'est l'enfer, avec les lunettes embuées). Et puis une fois le patient sorti, les micro gouttelettes en suspension dans l'air mettant 2 h à retomber, croyez-vous qu'on aura le temps ou l'envie de se les geler en aérant pendant 5 minutes?

Bref. Le message est clair: tout bon malade se devra de rester grippé chez lui, avec consignes téléphoniques de se faire examiner en cas de signes de gravité. Je sens qu'on va s'amuser ferme, et que le blog pourra pâtir un peu en terme d'assiduité de ma part lorsque je partirai au charbon...

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24 septembre 2009

Les grippés du jour

grippDites-moi si je vous bassine avec la grippe. Dans ce cas, je vous parlerai d'autre chose, par exemple d'anxiété d'anéantissement ou de purpura rhumatoïde, sujets abordés ce jour en consultation mais bien moins médiatisables.

Figurez-vous que les patrons se mettent à proférer des diagnostics médicaux à la louche, ou au doigt mouillé, moins élégant mais tout aussi approximatif. Cette dame me consulte ce matin, affolée, sur les conseils expéditifs  de son directeur de bureau. Au cours d'une réunion, elle a eu le malheur d'avoir une bouffée de chaleur avec rougeur du visage, aussitôt associée par le chef à une poussée de fièvre. Et aussitôt de l'enjoindre vivement de quitter l'assemblée en toute urgence et de se rendre chez le médecin pour éliminer un potentiel cas de grippe A, tout ceci bien évidemment sans prendre la peine de vérifier la température de la dame. Son médecin étant absent ce jour, elle arrive chez moi. En fait, l'histoire commence en début de semaine par des nausées, sans rien d'autre, suivies par un petit rhume vite jugulé. Porteuse d'un stérilet à la progestérone, et n'ayant plus de cycles identifiables, elle craint d'être enceinte. L'examen du ventre retrouve une douleur à la palpation de la fosse iliaque gauche sans défense (en clair, douleur du côté opposé à celui de l'appendicite, avec ventre souple) et bien entendu pas de fièvre. Voilà qui oriente immédiatement vers la grippe, c'est clair comme de l'eau de roche, non? Je suis certaine que vous y auriez songé de suite...

Autre cas: une maman qui amène son garçon de 11 ans, toussant un peu avec quelques maux de tête, et qui s'excuse vaguement. " Oui, je sais, ce n'est sans doute rien du tout, mais avec tout ce qu'on entend, je préfère vérifier!" Le gamin est apyrétique lui aussi, n'a mal nulle part, a le teint frais comme un gardon et un humour très développé. Pas vraiment l'archétype du grippé prostré au fond de son lit. Il ressort bardé d'une rhinotrachéite banale, histoire de se faire mousser auprès des copains.

Si on effectue donc un sondage rapide dans les cabinets médicaux, le lieu de choix de l'échantillon est crucial: dans la salle d'attente, le stade de pandémie est dépassé. Au sortir de la consultation, il diminue sérieusement... Les mauvais esprits diront que les médecins ne veulent pas emballer la machine vers le catastrophisme déjà prégnant et ne font pas volontairement le diagnostic de grippe. Mais enfin, qu'on m'explique comment faire état de grippe sans fièvre, ni courbatures ni maux de tête! Sur 5 cas supposés aujourd'hui, aucun ne relevait de cette maladie. Quant au port du masque... On verra plus tard...

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07 septembre 2009

Cas de conscience

OFRWR_USA_GRIPPE_VACCIN_20090722Je suis bien embêtée en ce moment... Les médias nous esquintent les oreilles en radotant sur la grippe A, en nous balançant à longueur de journée des messages de prévention proférés sur un ton mâle catastrophiste et préoccupé, à la limite de la constipation verbale (désolée, c'est l'image qui me saute à l'esprit...). Une jeune maîtresse d'école en maternelle me confiait récemment d'un air embêté qu'il allait lui être difficile de faire respecter à la lettre les consignes gouvernementales à  ses petits élèves, à savoir éternuer ou tousser en mettant son bras replié devant sa bouche: "vous savez, à cet âge, quand ça éternue, ça fait de belles chandelles! Ils vont s'en mettre partout, et nous aussi!"

Mais voyons, Madame, vous aurez à proximité immédiate votre solution hydroalcoolique toute-puissante, et le port permanent d'un masque si confortable vous épargnera la contamination. Et comme vous aurez également revêtu la casaque jetable par dessus vos vêtements, ceux-ci seront indemnes de la présence du vilain virus. Et puis le soir, une fois les enfants partis, tout le petit monde travaillant dans l'école se donnera la main  pour désinfecter tous les jeux, crayons, tapis, etc... Nos petits pourront donc revenir le lendemain en toute quiétude: c'est pas beau, ça?

Et puis Tarzooro va arriver avec sa hotte pleine de bons petits vaccins tout frais, même pas encore homologués et badgés de leur AMM, même pas encore testés: pas besoin, on va faire de la pharmacovigilance en live, en "temps réel", directement en grandeur nature. Etonnant comme d'un médicament à l'autre, le temps ne marche pas à la même allure. Stupéfiant de voir qu'on a déjà prévu de nous pondre des rapports sur des essais cliniques fin octobre, soit quelques semaines après l'apparition des premières doses de vaccins sur le sol métropolitain, alors que les essais standards d'un médicament X peuvent prendre jusqu'à plusieurs années! A ce rythme-là, on va nous prédire les effets indésirables susceptibles de survenir dans les 48 premières heures après administration... Chouette! Pour ce qui est du risque éventuel de maladies auto-immunes, dont l'apparition peut être sérieusement décalée dans le temps, trop tard! Les laboratoires fabricants auront reçu l'absolution gouvernementale  les exemptant de toute poursuite judiciaire. Ne pleurons pas, le fauteuil roulant sera remboursé par la Sécurité Sociale, si elle existe encore après le gouffre financier vertigineux vers lequel nos dirigeants nous guident à grands pas...

Je leur dis quoi, à mes patients inquiets? Que dois-je répondre à cet excité qui l'autre jour déboule en consultation, tout fier d'avoir 38.5°C, quelques courbatures et une bonne rhinopharyngite, et qui me sort que sa boîte a des consignes, des protocoles, l'obligeant à consulter dès les symptomes précités? Et qui après examen, retourne en tous sens sa prescription de paracétamol, l'air vaguement déçu que ce ne soit que "ça", me demandant où est le papier. "Quel papier?" m'enquiers-je, pressentant déjà la réponse du zozo. "Ben, vous savez, le certificat comme quoi j'ai la grippe A!" Ce à quoi je me suis empressée de répondre: "A A A!", le regardant partir, vraiment déçu de ne pas pouvoir figurer au Top Ten des employés de l'entreprise et se faire mousser auprès des copains en sortant le fameux: "Moi je..."...

Mais heureusement, la grande majorité des patients semble avoir la tête sur les épaules et prendre les informations avec la mesure qui s'impose, déplorant juste devoir remuer ciel et terre au travail pour s'y retrouver entre toutes les consignes hyper-sécuritaires et trop méga-prévoyantes de leur hiérarchie, qui marche sur des oeufs. Le sacro-saint principe de précaution ne serait-il pas suractivé, risquant de ce fait une destruction auto-immune qui ma foi, ne serait peut-être pas un mal pour une fois?

Lisez pour votre édification personnelle le rapport du Docteur Marc Girard, qui propose une analyse élargie sur la vaccination, sa genèse, ses coûts, ses bénéfices et ses risques, avec un franc parler confinant à l'irresponsabilité vus les temps qui courent... (Merci Plouf pour l'idée).

http://www.rolandsimion.org/IMG/pdf/Vacciner_ou_pas.pdf

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04 septembre 2009

De l'importance d'être précis...

servietteJe viens de vivre une situation assez inhabituelle et inconfortable. Je me suis interrogée pour le titre de ce billet, que j'aurai aussi pu intituler "Du choix des mots"...

Marie m'appelle hier, catastrophée, pour prendre un rendez-vous, me disant que bien des choses lui sont arrivées pendant les vacances, une histoire de fruits de mer, de troubles digestifs et de saignements. Je regarde le planning et lui propose le dernier créneau restant, 15h30 aujourd'hui. "Pas possible, me dit-elle, il y a la coiffeuse qui vient chez elle à 15 h". Je lui rétorque gentiment de la décommander, ses saignement semblant requérir un avis médical plus urgemment que ses racines, une recoloration.

Elle arrive donc cet après-midi, toute essoufflée d'être venue en vélo (je précise que Marie a 72 ans). Elle me raconte donc qu'en août, elle a copieusement ingurgité bulots et palourdes, ceci lui ayant déclenché diarrhées et vomissements, et des saignements, le tout survenant chez une patiente connue pour colopathie fonctionnelle, cet espèce de fourre-tout qui sert à étiqueter les coliques et ballonnements dont le monde est souvent l'objet. Et pour imager la situation, elle m'extirpe de son sac à main une poche en plastique, dont elle extrait une garniture usagée légèrement tâchée de sang (incroyable ce que les patients peuvent parfois nous rapporter en toute bonne foi...).

Je me propose ensuite de l'examiner. Elle se déshabille péniblement, et escalade en soufflant la table d'examen. Son ventre proéminemment météorisé est sensible un peu partout, mais pas plus que d'habitude. Je lui explique que je dois ensuite lui inspecter l'anus, histoire de vérifier la présence de lésions pouvant saigner. Je m'exécute, et tout me semble normal: pas de rectorragie, ni de méléna. Je me fends quand même d'un beau courrier au gastroentérologue tandis qu'elle se rhabille. Elle se rassoit, et comme je lui explique ma démarche, elle me dit: "c'est quand même bizarre, que ça saigne comme ça quand je m'essuie!", et elle me mime l'essuyage en avant.

"Attendez, que je sors; vous saignez quand vous vous essuyez en avant, comme ça? (et là, c'est moi qui mime).

- Ben oui Docteur!

- Alors ce n'est pas derrière que vous saignez?

- Ben... non! Pourquoi?

- Misère!... Je viens de vous examiner du mauvais côté... Bon! On y retourne!

- Heu... Ouh la la! Quelle histoire! Ben dis donc! onomatope-t-elle en se redéshabillant, et en re-soufflant en ascensionnant la table d'examen.

Tout un travail pour l'installer ("C'est que ça fait très longtemps, par là!"), et examiner comme il faut au bon endroit cette fois... Finalement, j'ai trouvé une petite irritation urétrale pouvant peut-être expliquer les symptômes, mais j'ai préféré lui faire un courrier pour sa gynécologue, déchirant ensuite celui pour le gastro...

J'ai dédramatisé la consultation, on a finalement beaucoup ri de ce quiproquo, et je me suis rappelée de l'importance extrême d'un bon interrogatoire, avec des mots précis, et de se méfier des associations d'idées... Je me suis laissée embarquer dans du digestif après qu'elle ait évoqué sa gastro-entérite du mois dernier, ne remettant pas les évènements dans leur contexte actuel. Mais de son côté, elle n'a pas répondu de façon adéquat à mes questions, car au début de la consultation, j'avais nettement demandé si elle saignait de derrière, et elle m'avait répondu par l'affirmative... Et comme en plus, elle avait été hystérectomisée totalement, j'avais éliminé inconsciemment tout problème pouvant survenir à ce niveau...

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19 août 2009

Mobilité

« Tu seras mobile, mon fils ! »

On pourrait presque croire qu’il s’agit d’un sacro-saint Commandement, gravé dans le marbre de notre société par l’acidité des gouttes de sueur de ses travailleurs.

Marie et Jean sont jeunes, beaux et amoureux. Une mutation professionnelle se profile avec élévation hiérarchique pour elle, et comble de bonheur, la même boîte accepte de prendre le mari en prime. La région nantaise est belle, ils pourront élever tranquillement leur petit bout de chou de 1 an.

Seulement… Au bout d’un an, la situation se dégrade, le couple, déraciné et rempoté à la va-vite dans un terroir éloigné du sien, se désagrège, les insultes fusent, les minimes incidents du quotidien prennent des allures de drame et les reproches se chargent de menaces. Les deux protagonistes vivent en circuit fermé, ils n’ont pas d’amis, pas de famille.

Je fais la connaissance de Jean au surlendemain de sa tentative de suicide par ingestion de médicaments, pour assurer le suivi et la prise en charge globale. Il me raconte sa vie, ses malheurs, son couple (le deuxième, il a déjà un enfant plus grand d’un premier mariage). Je compatis, je le soutiens, je lui donne des antidépresseurs, et je le vois régulièrement pendant quelques mois. Il m’annonce enfin qu’il a quitté sa boîte, qu’il a des projets de travail intéressants au nord de la France, et, me remerciant chaleureusement de l’avoir remis à flot, il disparaît de ma vie professionnelle.

Le temps passe, et je rencontre Marie, quelques mois après leur séparation. Elle craque, m’explique sa situation difficile d’isolement: ses horaires de travail ne lui permettent pas de sortir et de se faire des amis ; quant à ses relations professionnelles, elles sont entachées d’un rapport hiérarchique qui la gênent pour aller plus loin dans l’amitié. Elle ne se voit pas « copiner » avec les gens qu’elle dirige. Son fils a 2 ans ½, période difficile, il dort mal, réclame son père qui n’a jamais appelé pour prendre des nouvelles depuis son départ… Je l’écoute, je compatis.

Je la revois quelques temps plus tard. Son état de désespoir l’amène à songer au suicide, mais elle est retenue par son fils, bientôt 3 ans ½. Elle croule sous les dettes que son mari lui a laissées. Elle m’explique qu’en plus de son travail déjà très prenant, elle doit faire des heures de repassage et de ménage chez des gens. Elle m’avoue honteusement un peu plus tard que ces gens sont ses propres subordonnés au travail. Elle s’effondre, ses larmes noient littéralement la surface du bureau (j’avoue avoir été impressionnée par cette surproduction lacrymale, je n’avais jamais vu ça à ce point…). Son ex la harcèle au téléphone, la laissant laminée après chaque appel, toujours pour des soucis d’argent. La procédure de divorce traîne par la faute de Jean, qui doit trouver bien commode de se faire payer ses dettes par Madame. Il refuse de vendre la maison achetée en commun. Elle est bloquée. La crise économique est là, les recherches d’emploi qu’elle fait pour retourner auprès de sa famille restent lettre morte.

La mobilité n’est valable que dans un seul sens, celui du départ…

Et l’enfant, dans tout ça ? Il a cessé de réclamer son père, surprotège sa mère, dort parfois avec elle et réussit plutôt bien à l’école en maternelle. Mais la petite maman, elle, investit beaucoup trop la relation avec son fils. Il est devenu son soutien, son pilier de vie, elle se sent perdu sans lui. Je l’ai mise en garde contre cette attitude un peu lourde pour le gamin, très culpabilisante aussi, et lui ai conseillé de voir un psychologue pour tous les deux.

Encore des antidépresseurs… Il paraît que nous sommes les champions du monde de la prise des substances psychoactives, mais dans ces cas-là, elles sont nécessaires…

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07 juillet 2009

Les non-venus

asaIl y a une chose que je déteste entre toutes dans une journée de consultation. Ce sont les patients qui prennent un rendez-vous et ne viennent pas, sans un coup de téléphone d'excuse ou d'argumentation valable. Surtout quand il s'agit d'une personne pour laquelle on avait spécialement aménagé un créneau de 45 min en plein milieu de la matinée, prévoyant une consultation un peu longue. Je précise aussi que cette personne n'est pas joignable chez elle, et que le numéro de portable dans le dossier est erroné... Voilà qui me met dans une humeur assez désagréable, pour rester correcte.

Certes, les médecins ont souvent du retard, et je ne déroge pas à la règle, aimant papoter et prendre le temps de réfléchir sans stresser. Pourquoi avons-nous du retard, d'ailleurs? Les raisons sont assez variées.

- Le premier patient de la demi-journée arrive lui-même avec 10 minutes de retard. Rattrapable si on n'a pas de gros souci à traiter par la suite.

- Il arrive avec plus de 30 minutes de retard. On est dans les choux pour le reste de la période.

- Le patient est à l'heure, mais c'est un 1er rendez-vous, il faut remplir les antécédents, le pédigree, en résumé. C'est donc plus long.

- Le patient amène une liste de plein de petits points à aborder, genre "ça va être rapide, docteur". En général, non.

- Le patient a un gros problème de santé (ça arrive, des fois...), et il faut écrire des tas de courriers pour des consultations adjacentes spécialisées. Intéressant, mais long.

- Le patient a pris un rendez-vous, mais arrive avec ses 2 ou 3 bambins qui ont tous les mêmes symptomes a priori, c'est donc forcément du travail à la chaîne pour le bon docteur qui n'a que ça à faire. Or, si l'un a une gastro-entérite, les deux autres ont respectivement une otite et une angine, ce qui est juste un peu différent. Le seul point commun est en fait la fièvre. Doliprane pour tout le monde, c'est moi qui régale!

- Le patient arrive seul, mais avec aussi une demande pour son conjoint/ses enfants, qui sont à Trifouilli-les-Oies et ne peuvent pas consulter, mais c'est urgent, du style un papier à signer qu'ils ont depuis Mathusalem mais qu'ils ressortent de la toile d'araignée la veille de la date butoir, ou une ordonnance pour un renouvellement de somnifère ou autre pilule du bonheur. Le must, c'est le certificat sportif le samedi matin pour un match qui a lieu le lendemain... Gare au médecin consciencieux s'il s'avise de trouver un truc qui cloche...

- Le patient (en bas âge) vomit ou diarrhéise sur la table d'examen, ou par terre (c'est fou comme ça t'éclate en étoile, la gerbe, sur le PVC du sol: ça a vite fait de couvrir quelques mètres carrés de micro éclaboussures fertiles en germes affriolants, souvent positionnées d'ailleurs entre mes pieds et le lavabo, rendant l'exercice de nettoyage d'autant plus périlleux). La mère se confond en excuses, on la laisse partir avec le sourire, avant de passer le désinfectant en apnée pour ne pas en remettre une couche.

- Le patient a trouvé amusant de s'exploser la main avec un bocal de verre en faisant la vaisselle (un jour de folie, une subite envie de mettre le lave-vaisselle au repos), et il faut sortir tous le matos à couture, les fils, les aiguilles, les pinces, les compresses, la xylocaïne anesthésiante avec seringue et tout le barda. Je n'aime pas les points de suture. Après, il faut tout désinfecter et ranger, ça prend un temps fou. Je n'aime pas, mais je fais, je suis pro, quand même!

- Le patient est à l'heure, moi aussi (instant rare), il a une pathologie basique, mais le téléphone semble pris d'une soudaine frénésie d'expression orale. C'est souvent le cas en période d'épidémies hivernales, quand on n'a pas de secrétariat. "On en était où, déjà?" suis-je obligée de minauder à tout bout de champ. Détestable pour le brave malade en face de moi.

Bref, cette liste n'est pas exhaustive, et je compte d'ailleurs sur vos suggestions pour la faire grossir un peu. L'avantage d'écrire sa hargne et son courroux, c'est que ça les fait retomber à un niveau acceptable... Rhaaaa! Je me sens mieux!

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10 juin 2009

Point de chute

souLe temps me manquant pour écrire quelque chose d'intelligent, je vais plutôt vous livrer quelques requêtes gratinées permettant aux abonnés de Google d'atterrir sur ce blog... Accrochez vos ceintures (de chasteté)! C'est du lourd, du gratiné, du primesautier... Esprit carabin es-tu toujours là?

- "Combien est la consultation d'un spécialiste des intestins?"

Je pense que ça dépend de combien ils sont sur le coup.

- "String dans les lèvres"

Personnellement, je déconseille ce type de baillon...

- "Bouche battue par les chaussures"

C'est du cousu main!

- "Je suis tomber enceinte sans pénétration"

Adressez-vous au Vatican, il y a déjà une liste d'attente.

- "www une femme mais du vernis a ongle a son mari et l'attache"

A mon avis, elle va lui maître autre chose aussi.

- "Conseils après avoir avaler aluminium chocolat"

Vous avez besoin du numéro de téléphone de la marmotte.

- "J'ai 20 ans et je suis encore vierge je cherche un beau garçon pour me sauter sexualité"

Vous devriez pouvoir trouver un beau mâle au poêle...

- "décoder le langage des femmes"

Vous pouvez répéter la question?

- "Le secré de femme sous leur jupe"

Penchez-vous un peu, je ne vois pas bien de quoi il retourne.

- "Une femme aîné avoir un homme lui lèche le chaussures"

Une bonne vieille tireuse de pompes, c'est alléchant.  

- "Se vermifuger à la bonne lune"

Des comme ça, j'en ai à la pelle, à croire que la bonne vieille médecine traditionnelle a encore de beaux jours devant elle, à la rubrique "sorcellerie et trucs de grand-mères"...

- "c'est une triste chose de songer que la nature parle et que le genre humain n'écoute pas"

Je l'adore, celle-ci. C'est tellement vrai... Mais je ne sais plus qui était venu déclamer du Hugo ici... Je sais juste que ce n'était pas moi.

- "grossesse pesanteur parties intimes"

En effet, la grossesse est la conséquence de parties intimes.

- "dans quel pays le sexe est libre?"

Je note que c'est une question singulière. La réponse est complexe: le sexe peut être libre de droit(s), mais aussi être libre après avoir été occupé, auquel cas cela s'apparente plutôt à un acte de résistance. Reste à savoir si elle est passive ou active. Libre réponse à vous.

- "fleur de mauve phimosis"

Elle m'a intriguée, celle-là! En cherchant un peu, on tombe sur un Traité pratique de la maladie vénérienne.

Ecrit en 1810 par J.P. TERRAS, docteur en Chirurgie, il vaut qu'on s'y attarde un peu... Ah! L'heureux temps où l'on pouvait soigner dignement la chaude-pisse à l'aide de décoctions et de tisanes ou d'injections d'eau végéto-minérale de Goulard! J'ai également apprécié l'aspect technique de l'injection, avec seringue en étain, dûment graissée ou huilée pour faciliter le mouvement du piston...

J'en reparlerai, je pense...!


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19 mai 2009

Danger des représentations en médecine

0bkxYflekjZLAYxNH9u91g__En voilà, un titre à faire frémir les neurones dans les chaumières! Pourtant, l'anecdote du jour commence par une banale consultation, un jeune homme venu sans rendez-vous pour être rassuré. L'objet de sa venue était la découverte le matin même par sa copine, d'un "gros hématome" derrière son bras, ce qui le surprenait d'autant plus qu'il n'avait le souvenir d'aucun choc à ce niveau.

Il a commencé par me serrer la main avec moiteur, le regard nerveux et les gestes maladroits, trop rapides. Il m'en a donné l'explication en trois mots, d'entrée de jeu: "Je suis hypochondriaque". Mon cerveau a donc commencé à s'orienter d'une certaine façon, un peu comme l'aiguille de la boussole est conditionnée pour pointer vers le Nord. J'ai examiné le bras, il s'agissait d'une petite ecchymose de 3 cm, souple, avec en son centre et en profondeur une petite tuméfaction compatible avec une cicatrice en cours de constitution, future calcification sans doute, de quelques mm. Je le rassure alors sur l'aspect non inquiétant de la chose, et lui demande:

" De quoi avez-vous peur?
- Je suis hyper anxieux, j'ai tout de suite pensé à une leucémie (regard aux abois, rictus nerveux un peu navré)."

Je procède alors à un examen complet, strictement normal, en dehors d'une tension passablement excitée par les circonstances, et que je passe sous silence (pas la peine d'en remettre une couche). Je l'informe que pour moi, il est en parfaite santé, et lui demande s'il a pris récemment des médicaments. il m'annonce:

- oui, il y a 3 jours, j'ai pris de l'aspirine.
- Ok, je dis. A quelle dose et pour quelle raison?
- 500 mg. Pour la raison, heu, c'est parce que je fume.
- Oui? fais-je avec un haussement de sourcil intérieur.
- Ben oui, c'est pour ne pas avoir de problème cardiaque, quoi! C'est pour liquéfier le sang.
- D'accord... Et vous en prenez tous les combien?
- Deux à 3 fois par semaine, sauf des fois, j'en prends tous les jours pendant plusieurs semaines (la vérité est donc quelque part entre les 2, je pense...).
- Et... heu... vous fumez combien?
- Deux à 5 cigarettes par jour.
- Donc, si je résume, vous prenez 500 mg d'aspirine, dont l'effet antiagrégant dure 8 jours, plusieurs fois par semaine, pour ne pas faire un infarctus parce que vous fumez? Vous n'avez pas songé à arrêter de fumer, plutôt? Vous ne devez pas avoir de dépendance à la nicotine, c'est faisable!
- Ben non! J'aime ça, j'ai du plaisir à fumer, je ne veux pas arrêter... Mais je sais que je pourrais, oui.
- Bon... Il va falloir arrêter l'aspirine, quand même. Votre ecchymose vient très probablement de là Vous savez, les gens qui en prennent pour leurs maladies cardio vasculaires, c'est à la dose de 75 mg par jour...
- Waou...! Je vois...
- Par contre, l'aspirine peut donner pas mal d'effets indésirables, genre hémorragies entre autre, et des ulcères digestifs. Donc il va falloir faire quelque chose... Je ne peux pas vous laisser comme ça avec vos angoisses, il faut en parler."

Et là dessus, nous sommes partis dans une belle discussion autour du stress qui lui pourrissait la vie, et sur le constat qu'il ne pouvait recevoir aucune aide de la part de sa copine, vu qu'elle était "pire que lui"... Je pense l'avoir convaincu du bien-fondé d'une petite visite chez un psychologue (mot qui l'effraye...) ou une sophrologue ou autre technicien de la lutte contre les angoisses profondes. Je suis toujours navrée de voir les gens anxieux apporter des réponses dangereuses pour leur santé à leurs peurs irrationnelles...

Il est quand même reparti avec une ordonnance de prise de sang. on ne sait jamais... Au cas où... Et ça, c'était pour juguler les miennes, d'angoisses...!

Photo: Fractal effervescence, David April

Posté par Medceline à 10:44 - Med'celine au travail - Commentaires [27] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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15 mai 2009

Histoire de sexe

Gland___wikipediaJ'ai eu l'occasion hier d'halluciner lors d'une consultation. Il s'agissait d'un jeune homme, la petite vingtaine, beau comme un astre, vêtu avec recherche. Il est entré gauchement dans la salle, s'est assis, et à ma question traditionnelle: "qu'est-ce qui vous amène, monsieur?", il a émis un rire contraint et déclaré: "c'est que c'est gênant...". Bon. Là, en général, je sais tout de suite vers quelle partie de l'anatomie va s'acheminer le reste de la consultation...

- Oui?

- Ben voilà. En fait, je pense que j'ai un phimosis, et je crois qu'il est temps de m'en occuper. Mon père en avait un, lui aussi.

- OK! Vous allez me montrer ça, d'accord?

-Heuuuuu! ... oui... (il baisse le pantalon, et reste indécis devant moi en caleçon).

- Le caleçon aussi, j'en ai peur!   (il obtempère)   Bien! Vous allez essayer de vous décalotter tout seul, que je vois ce qui vous embête.

- Décalotter?

- Ben oui, vous prenez votre sexe, vous tirez la peau vers la base...

- Ah d'accord! 

Il commence à exercer la traction demandée, et Ô divine surprise, son gland commence à faire une apparition miraculeuse. Il lâche un "ah!" de surprise, je l'invite à continuer, histoire de voir  le niveau du "phimosis" allégué. Je m'aperçois rapidement que celui-ci n'existe que dans ses pensées, vu le parfait et complet décalottage auquel j'assiste. Mais... le paysage dévoilé à mes yeux est loin de ravir les sens... Un indescriptible amoncellement de débris de peau et autres fantaisies accumulées par les années apparaît.

"Vous voyez, vous n'avez pas de phimosis, monsieur!

-Oh.... Putain! La honte! glapit-il en remballant prestement son matériel et en piquant le plus joli fard que j'aie jamais vu.

- Mais non, fais-je, rassurante. Vous avez eu le courage de poser une question, vous pensiez avoir un problème. Eh bien non, vous allez parfaitement bien! C'est plutôt cool, non? Vous n'aurez pas besoin de vous faire opérer.

- Oui, mais... la honte!

- Bon, par contre, un conseil comme ça: il faudra décalotter comme ça tous les jours, et laver soigneusement au savon, bien rincer, hein? (et là, je pensais à la première copine qu'il aurait un jour... J'imaginais la tête de la fille en découvrant le stock de parmesan au bout du gland...).

-Oui, oui! Mais la honte quand même!"

Il est parti en ayant prononcé ce mot au moins dix fois. Et moi, je me suis dit qu'en 5 minutes, je venais de lui changer la vie...

Posté par Medceline à 08:00 - Med'celine au travail - Commentaires [34] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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