20 janvier 2020

Troisième dimension

A Cabourg, pas très loin de la Divette, il y a un foyer un peu spécial. Un endroit si secret que les normands du coin n'en franchissent jamais le seuil. Et pour cause ! L'entrée est tellement étroite que seule une feuille de papier peut s'y glisser. Il s'agit du Foyer qui Distend. Ce lieu très particulier offre un gîte plein de tendresse aux délaissés de la géométrie en relief. Cercles, carrés ou triangles, droites, segments et rectangles en tous genres s'y voient proposer un repos bien mérité après une éternité à souffrir entre... [Lire la suite]
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23 décembre 2019

Le cascadeur

Ce matin, je t'ai vu alors que je levais les yeux au ciel en trottinant dans la rue. Tu étais là, désespérément suspendu au rebord de cette fenêtre. Quelle idée ! Je me suis demandé dans quelle embrouille tu avais encore été te fourrer. Comme tu ne criais pas et que tu restais immobile, je n'ai pas osé te déranger. Sans doute étais-tu en plein processus créatif. J'ai donc continué ma route. En tournant au coin du boulevard, près de la boulangerie, mon regard a été attiré par une tâche de couleur. Tu étais là aussi, sur ce balcon, à... [Lire la suite]
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30 septembre 2019

Le nid au-dessus de toi.

J'ai été un nid, une fois. Enfin, je crois. J'ai des souvenirs de mouvements furtifs. De frôlements infimes. De froissements de paille sèche. Et de petits bruits aigus, de trilles joyeuses qui faisaient vibrer ma structure. C'est surtout ces sons-là qui m'agaçaient, à l'époque. Moi qui aspirais au calme, on m'infligeait ces nuisances sonores que je ne comprenais pas. Dès que je tentais d'assoupir mes fibres de cellulose, elles revenaient me vriller la tranquillité ! J'étais si fatigué... Il faut dire que ma construction avait été... [Lire la suite]
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16 septembre 2019

Histoire de chat

Un chat, tôt le matin, sur le départ. Pelage parfumé, moustaches gominées, griffes affûtées : il est prêt à affronter la journée. Un saut, réception. Des coussinets, amorti. Une extension, repos. Il avance à pas de velours sur l’asphalte brun. Brume, perles humides. Gouttes de rosée, précieux collier. Poils collés en paquets, il arbore une fière allure efflanquée. Au carrefour, arrêt. Au loin, son but. Au secours, grande frayeur... Il tremble. Le froid et la crainte d'échouer le paralysent. Un soupir, aïe ! Un trou d’égout, hop... [Lire la suite]
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12 août 2019

Le coude faux lit.

  Ce soir, mon poète est arrêté. Comme un poisson à l'air si seul. Il a perdu sa muse qui ne s'amuse plus, mais alors plus du tout. Sa muse a régné, pourtant. Mais las, la muse-araignée l'a quitté... Il pleure, le poète. Ô larmes, l'oeil est rouge ! Et rouge est l'oeillet qu'il respire profondément. Il espère que ce parfum l'inspirera. Un pare-fin, peut-être ? Il soupire, aïeux cruels. Et ses vers voguent vers le soupirail cruel. Si seulement... Mais scie seule ment. Alors que six scies, beaucoup moins. C'est... [Lire la suite]
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03 juin 2019

Se lover

Je me love. Anglo-narcissisme poussé à l'extrême, ou abord moelleux de la soirée qui s'amorce ? Je crois que je vais opter pour la seconde définition. Elle me convient mieux. Elle me colle à la peau comme un pyjama élimé, une paires de charentaises en lambeaux ou un plaid en polaire décoloré. Une totale absence de style. Mais le Graal du confort. Le boss final du bien-être domestique. Le rejet définitif du qu'en dira-t-on. Je cale mon dos sur le fauteuil, un oreiller entre les omoplates. Je soupire d'aise, avec des petites... [Lire la suite]
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28 mai 2019

Le vide

Pire qu’une page blanche ou l’épaisseur d’un silence, il y a le vide. Le rien. Le néant. Pourtant, là, simplement évoquer son existence, c’est déjà lui donner de la substance. Et de ce comble aux combles, il n’y a qu’un escalier, celui qui grimpe au grenier. Là se sont entassés tous les meubles dont on ne veut plus, sans avoir osé franchir le cap du recyclage, et qui parsèment de passé les grains de poussière qui virevoltent dans les coins.Ce vide, on a une folle envie de le combler tant bien que mal. A cela servent les commodes aux... [Lire la suite]
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29 mars 2019

Le contrat

    J'ai une demi-heure à tuer. Me voilà promue au rang d'assasin professionnel.Tueuse à gages, plutôt. Autant que cela me rapporte quelque chose. Je suis vénale. Comment vais-je procéder ? Rapidement, histoire d'archiver vite fait ce mauvais souvenir ? Ou lentement, pour en vivre avec intensité chaque instant ? Déguster la précision d'un geste, fantasmer le glissement des secondes qui s'égrennent en silence, mesurer chaque pas à l'aune du suivant... J'hésite. Est-ce que ça crie, une tranche de temps ? Est-ce que... [Lire la suite]
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12 juin 2018

Géométrie variable

  Avez-vous remarqué la propension de notre langue à valoriser l'anguleux ? A établir sur un piédestal tout ce qui possède un certain piquant ? Tenez, par exemple : cet homme a un sens aigu de l'observation. Tout le contraire du gus d'à côté, qui a l'esprit si obtus. Et pourtant, un angle aigu est plutôt du genre fermé, alors qu'un angle obtus est résolument épanoui et ouvert sur l'extérieur. Ne cherchez pas à comprendre. C'est la langue française. Si vous rencontrez un type carré, vous vous sentirez en confiance. Il est là... [Lire la suite]
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22 septembre 2014

Relativité

  Vivre est une sorte de voyage immobile. J'en prends de plus en plus conscience jour après jour, quand je vois s'agiter autour de moi les gens et les évènements. J'ai l'impression d'être dans un train qui accélère sans arrêt. Est-ce un effet du ramollissement de mes neurones, toujours est-il que je n'arrive plus à avoir de l'extérieur qu'une impression de flou, sitôt entrevu, déjà disparu. Tout semble fonctionner sur le mode "buzz", que ce soit la publicité, la politique, la musique, ou  les loisirs. Chaque évènement se... [Lire la suite]
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