Juste pour le plaisir, je partage avec vous ce hublot et ses invités... J'ai failli courir après ces passants inconnus autant qu'impromptus pour leur montrer la photo, mais je n'ai pas osé. Il faut dire qu'étant à vélo, j'aurais eu un peu de mal... Quoique, avec un peu d'entraînement, quelques pompes, deux ou trois squats, je te l'aurais soulevé, l'engin. Et haut la main !

Qu'aurais-je pu leur dire, d'ailleurs ? "Je vous ai volé votre reflet, vous ne m'en voulez pas trop ?" Ils auraient eu peur de moi, c'est certain. Vêtue d'une grande cape de pluie intégrale, casquée de gris et mains gantées façon ski, j'étais lookée façon quasi Psychose. La météo se la jouait version douche également, avec moi dans le rôle du rideau.

Ah... Incarner un rideau... Le rêve de tout acteur. Un rôle sur mesure. Rideau de fer; rideau de pluie; ride au coin des yeux. Du drapé à la grecque à l'enroulage de corps trépassés. De la transparence à l'opacité, version jour/nuit hôtellière. De l'envolée de fumée qui pique les yeux à l'ouverture d'un velours de théâtre. L'incarnation de la tristesse voilant le regard derrière un voile de larmes.

Oui, mais... a-t-on déjà vu un rideau faire du vélo un dimanche de pluie ? A Nantes, tout est possible...

Bonne année à vous tous !