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Il fut un temps où je nourrissais ce blog de façon quasi quotidienne. C'était il y a environ 10 ans. C'était un bébé fragile, je devais lui donner de moi-même pour le faire grandir et progresser. J'avais l'immense plaisir d'avoir des lecteurs assidus, nous avions de beaux échanges à travers les commentaires. Cela m'a aidé à avancer dans certains domaines professionnels et privés.

Puis est venue la lassitude, la quasi obligation ressentie de devoir poser des mots pour continuer à être dans la course, cette folle vanité qui fait croire que nous valons quelque chose uniquement parce qu'un autre nous le dit. Ecrire pour écrire m'est vite apparu comme insupportable. J'ai tourné mes mots vers d'autres rivages, j'ai publié quelques livres pour enfants avec le succès qu'on peut espérer quand on est un illustre inconnu. La grande distribution ne m'a pas attirée, je lui ai préféré ces petits salons de province où peu de lecteurs se déplacent, mais avec une telle qualité d'échanges que j'ai bien rempli ma boîte à émotions. J'ai rencontré des gens formidables de tous horizons, des amis fidèles que je garde en mon coeur et avec qui je collabore encore à mon rythme, lent, très lent.

Et puis là, maintenant, tout de suite, j'ai envie de reprendre le trajet du clavier, juste pour marquer l'instant, et le balancer comme ça sans autre but que de me faire tout simplement plaisir. Sans retrouver la dictature des statistiques, cette espionnite aiguë qui vous force à produire pour rester à la page. Alors je vais continuer à habiller tranquillement les murs de cet espace de mes petits textes à 3 paragraphes. Parce que j'aime bien le chiffre 3. Thèse antithèse photosynthèse. Et pour m'affranchir de toute temporalité exigeante, je vais programmer à l'avance la parution des billets. Un par semaine me semble un bon début...

A bientôt !