1-magnetophone

 

 

 

 

 

Il est des caps qui se franchissent avec panache. Bonne Espérance, Horn, ou même Fréhel et Finistère, pour faire plus local.

D'autres se négocient en ralentissant un peu dans les virages : la quarantaine, le bac du fiston, les premiers verres progressifs...

Et certains qui te prennent à la gorge pour te faire vomir tes derniers espoirs de jeunisme.

Genre celui de ce matin, quand zappant de station en station sur l'autoradio, je me mets à fredonner un air connu avec un certain plaisir, juste avant de m'apercevoir que JE SUIS SUR RADIO NOSTALGIE, bordel ! Me viennent alors les images honteuses de calvities bedonnantes, de Jackyattitude et de Dickriversomania aigüe de mon enfance, quand mes parents se pâmaient sur des airs connus d'eux seuls (ou pire, de leurs propres parents, Tino Rossi et Luis Mariano inside). 

Les bras m'en tombent. Voilà, c'est officiel, je suis ce que j'appelais à l'époque une ringarde, une has been totale. Bon, je vais me rassurer en prospectant sur l'avenir de mes enfants, qui de radieux, franchira à son tour ce fichu cap en temps et en heure. Adèle et Shy'm ménopausées, ça va en jeter sévère.

Mais rassurez-moi : Desireless et Aha, c'est quand même pas aussi tarte que Le locomotion par Sylvie Vartan, Laisse-moi t'aimer de Mike Brant, ou Biche, ma biche de Franck Alamo, non ? Ne crachons tout de même pas sur les contemporains des Yéyés, j'adore les Beach Boys !

Allez, je me finis sur Zombie des Cranberries et je vous laisse, j'ai un cours de jerk.