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Nous allons voter, les 22 et 29 mars prochains, pour les élections départementales, qui remplacent les anciennes élections cantonales. Les conseils généraux vont disparaître au profit de conseils départementaux. Et au lieu de voter tous les 3 ans par moitié de territoire, ce sera tous les 6 ans pour tout le monde. J'ai entendu aussi que nous allions voter pour des "couples", respect de la parité oblige. Et que les missions de ces élus étant encore floues du fait de la réorganisation territoriale, ces gens-là ne savent pas trop à quelle sauce ils vont devoir s'accomoder. Voilà, fin de la note civique.

Je n'ai jamais été très forte en politique, bien qu'ayant reçu une éducation rigoureuse à ce niveau. Je m'efforce d'honorer cette formation initiale, scrutin après scrutin. J'ai dû néanmoins m'abstenir une fois, par pur oubli de ma part, dévoyée par une belle journée de printemps. J'ai également dépouillé à quelques reprises dans mon bureau de vote, pour voir ce que ça fait d'aligner des petits bâtons sur un papier, et de vivre un vrai moment d'émotion collective à la lecture finale du résultat. Enfin, ça, c'est ce que je pensais vivre, avant d'y être. Non, parce que le jour J, ça ressemblait plus à une soirée Loto chez Mamie qu'à une soirée cool entre potes de promo. Monsieur Bésicle veillait au grain, conscient de sa supériorité, lui, le garant de la légalité du scrutin et de son dépouillement. Pas question de sourire ou de lancer une vanne, l'heure était au décompte. Les résultats étaient scrupuleusement notés dans un cahier à piqûre. Tout juste s'il ne tirait pas la langue sous son épaisse moustache. Les autres scrutateurs et moi, nous nous lancions des coups d'oeil désolés, avec l'impression de nous être trompés d'adresse. Mais blague à part, je ne regrette pas de l'avoir fait, et je le referai sans doute. C'est après tout un acte citoyen, qui permet aussi d'observer son prochain dans un milieu inhabituel. J'y ai même traîné mon fils comme on m'y avait moi-même emmenée, et je vais toujours derrière les rideaux de l'isoloir avec ma fille, maintenant. C'est un rite républicain qui en vaut un autre.

Reste que ces élections départementales ne m'évoquent pas grand-chose. Que vont faire ces gens de ma voix? Quel sera leur rôle et l'organisation pratique de leurs journées? Seront-ils payés pour cela, combien et par qui (là, j'ai tendance à penser que ce sont les impôts)? Les instances qui nous dirigent sont peu lisibles, en dehors évidemment du Président de la République, de ses ministres, des députés et des maires. Ceux-là, on les identifie bien, au moins par la sur-exposition médiatique de certains. Oui, mais qui connaît les petits, les obscurs, ceux qui arpentent les couloirs de réunion en réunion? Et qui croit encore aux messages des campagnes électorales? Pourtant, il faut y aller, encore et encore. Ne serait-ce que pour ensuite pouvoir dire qu'on n'est pas d'accord.