Med'celine

Vagabondages d'une femme médecin au pays de l'improvisation...

30 novembre 2009

La gifle

munch_le_criElle vit dans un rêve éveillé l'appel des sens à s'étourdir
Lancer les bras au-delà des limites pour les ployer à ses envies
Tourbillonner en pensées mutines et assassines
Rendre son âme au Diable qui en tire les ficelles

Elle sent ses tripes, presque de la nausée
Elle tangue au bord du précipice qui l'appelle sans fin
La tête lui tourne, ses yeux se révulsent dans des orbites vides
Elle s'abat sur le chemin en vomissant ses désirs pervers

Soudain fond sur elle comme oiseau de proie
La gifle, la claque magistrale du rappel à l'ordre
Qui lui tord le cou en arrière avec violence
Offrant sa gorge au couperet vengeur de la vertu.

O vice! Toi qui t'éloignes d'elle au triple galop de tes sabots cornus

Où est la seconde valse, sorcière des désirs cachés?

Rien. Le néant soudain répond à ses appels

La condamnant à l'oubli terrifiant de l'amour passionnel.

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Y-a-t-il un médecin dans la salle?

nerfs_cranUne fois n'est pas coutume, je vais passer un appel sur les ondes, au sujet d'un cas clinique qui me pose quelques soucis d'orientation diagnostique...

Il s'agit d'une jeune femme, 28 ans, sans aucun antécédents notables personnels ou familiaux. Un soir, vers 22 h, après un repas normal, elle se met à travailler sur son micro comme d'habitude. A ce moment, surviennent brutalement des douleurs lancinantes pulsatiles continues dans les 4 membres, avec irradiation dans les lombes et tachycardie réflexe paniquante. Elle sent "son coeur battre dans ses bras et ses jambes". Elle n'a pas de fièvre, ni de céphalées, et aucun trouble visuel. Elle se sent un peu nauséeuse et déséquilibrée quand elle se lève pour aller aux toilettes. Elle prend du paracétamol à minuit, puis à 4 h du matin. A 5 heures, les douleurs disparaissent comme elles sont venues, brutalement.

Je la vois le surlendemain, l'examen clinique est parfaitement normal, notamment neurologique et cardio vasculaire avec une TA à 12/7, une FC à 68. Elle me signale avaoir déjà eu des crises similaires à 2 reprises, il y a quelques mois, et il y a quelques années.

Je botte en touche, ainsi que le neurologue et l'interniste appelés à la rescousse par téléphone... On m'a quand même conseillé de faire une biologie de débrouillage et une radio du rachis cervical pour éliminer un processus compressif médullaire, plutôt pour "faire quelque chose" que pour vraiment avancer un diagnostic. Le bilan est revenu normal, avec juste une CRP un peu élevée.

Est-ce que ce cas vous évoque quelque chose? Vers quel spécialiste puis-je la diriger? Elle vit dans l'angoisse que cela se reproduise, mais ne présente pas de "terrain psy" particulier.

Merci de mettre vos cellules grises au travail!

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27 novembre 2009

Bis repetita?

CHEMINEE_1930Vraiment, je ne savais pas comment intituler ce billet/tag proposé par Pakita, risquant le radotage sur le titre: "Quand je serai grande... Racontez 10 anecdotes de votre enfance"... Ce n'est pas si simple... Attention, machine à remonter le temps enclenchée, pour le meilleur et surtout le pire.

1) Quand j'étais petite...
Déjà, ça ne colle pas, vu que j'ai toujours été grande pour mon âge, une espèce de grande asperge tout en os qui mesurait 1m60 à 12 ans. Je m'arrêterai néanmoins là concernant les mensurations.

2) Quand j'étais petite...
Je n'ai été "petite" que jusqu'à 8 ans. C'était comme on dit communément "le bon temps", celui de l'insouciance, quand on montre sa culotte aux copains de CP pendant les récrés. Promettez-moi que ça restera entre nous!

3) Quand j'étais petite...
J'allais cueillir des champignons dans la forêt, des trompettes de la mort, des barbes de chèvre et des faux mousserons, que l'on enfilait sur des fils façon collier avant de les laisser sécher en vue de parfumer d'ultérieurs délicieux ragoûts.

4) Quand j'étais petite
J'ai appris à nager dans une piscine municipale de plein air juste chauffée par le soleil (donc, sévèrement glacée), et à la dure, avec un maître nageur qui aboyait des ordres en tendant sa perche que je n'arrivais jamais à attraper... Je n'aime plus nager.

5) Quand j'étais petite...
J'ai failli mourir. J'ai reçu un bloc de bois de 60 kg sur la caboche, jça m'a cassé un peu la tête, et j'y ai laissé quelques morceaux au passage. J'ai sombré dans un sommeil sans rêve pendant 48 h. Dommage, j'ai loupé le voyage en hélicoptère... J'avais 8 ans.

6) Quand j'étais petite...
J'ai passé beaucoup de temps avec les médecins, les rééducateurs, les orthoptistes, les orthophonistes, les neurologues. Le scanner n'existait pas, et à l'époque, on donnait aussi des traitements préventifs de l'épilepsie. J'ai bouffé des barbituriques pendant 5 ans. On disait de moi que j'étais une fille sage comme une image. Tu parles...

7) Quand j'étais petite...

Je n'avais pas le droit de faire du sport. Mes parents avaient peur que je fasse des crises. Je n'en ai jamais fait une seule... Je haïssais viscéralement la neuro-psychiatre qui me volait ma normalité et mon enfance en me balançant le Gardénal à chaque visite après m'avoir sali les cheveux avec son infâme produit sableux de contact pour les électro-encéphalogrammes.

8) Quand j'étais petite...

Après l'arrêt des médicaments à 13 ans, j'ai enfin pu être une adolescente épouvantable et en faire baver à mes parents. Juste retour des choses.

9) Quand j'étais petite...

Je me faisais traiter de "sorcière blanche" , de "charogne" et de "cigogne" (j'ai un long cou). J'ai souffert du regard des autres, puisque j'étais mise d'office "à part", "à ne pas brusquer", "à ne pas bousculer". Les quolibets ont donc remplacé les coups de poing, mais les bleus de l'âme sont foutrement plus longs à guérir que ceux du corps.

10) Quand j'étais petite...

J'avais envie de grandir, éperdument. De fuir tout ça. De repartir à zéro avec d'autres gens. Le lycée a commencé à m'ouvrir les yeux sur le monde, et j'ai commencé à relativiser mon histoire, à pardonner à mes parents et aux divers intervenants quand j'ai acquis certaines connaissances au cours de mes études. Mais là, je n'étais plus si petite que ça, et c'est une autre chanson!

Voilà en quelque mots comment on peut se sentir durablement abîmée par la sollicitude excessive des autres. Heureusement, j'ai eu l'écriture, assez jeune, vers 10 ans. Un sacré soutien, un confident toujours disponible quand les humains se font rares.

Hola, compagnons, séchez vos larmes, battez tambours, et que tous les rescapés de l'enfance qui le souhaitent prennent le relai en narrant quelques boutades sur cette période faste et joyeuse!

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Quand je serai grande...

P1010783Quand je serai grande

Je bâtirai un monde irréel au gré de mes envies

J’y serai enveloppée de la douce lumière des fées

Et je jaillirai de l’océan comme un jet de vif-argent.

 

Mais quand j’y songe…

 

Quand j’étais grande

J’ai laissé mes illusions au placard des oublis,

Ce petit réduit encombré de toiles d’araignées

Tissées avec le fil de mes rêves d’enfant.

 

Alors…

 

Quand je serai grande

Je me bâtirai dans un petit coin un astre de vie

Un îlot de sérénité dont seule j’aurai la clé

Et que je te donnerai quand tu seras grand.

Photo: Med'celine

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25 novembre 2009

Avenir déficitaire

masaiJe vais quitter la zone "Poésie", le temps d'un billet, et revenir à un sujet plus prosaïque. Comment l'aborder, d'ailleurs? Dans quel sens? Je vais donc jeter en vrac des idées, et vous me direz ce que vous en pensez. Je voudrais parler des jeunes. Ceux dont j'ai l'âge d'être la mère, plus nombreux d'année en année, il faut le reconnaître. Ces jeunes de 17 à 20 ans qui ne savent pas répondre à la question: "et vous, quand vous serez grand, que voulez-vous faire?". Ceux qui gloussent, qui ricanent, comme de grands adolescents mal dégrossis encore dans le giron de leur mère. Ceux qui répondent: "moi? Je veux un boulot près de chez moi, intéressant, et bien payé!". Ceux qui entrent dans une agence d'intérim en disant: "j'ai vu de la lumière en passant; qu'est-ce que vous avez pour moi?".

Quand est-ce que ça a dérapé? Pourquoi ces jeunes ne peuvent-ils plus se projeter dans leur propre avenir, un avenir de sueur, de remise en question, de progression? Ils ont tout ce qu'ils veulent, la société de consommation y pourvoit. Ils n'ont plus ces rites de passage qui les faisaient passer de l'enfant à l'âge d'homme. On n'a plus le service militaire, qui au moins avait cette fonction, même si on peut aisément critiquer ses conditions de mise en oeuvre. Et là encore, l'objecteur se positionnait par rapport à ce tuteur d'un ordre établi, il avait fait un choix. Nos jeunes sont dans le non choix. Ils se ramollissent, et se promènent dans la vie comme en villégiature.

Sommes-nous (suis-je) des vieux cons? J'ose espérer que non, quand même. MAis pour en avoir discuté avec des professionnels travaillant au contact de populations jeunes (secteur de prévention médicale, professeurs de collège, lycée ou classes prépas, directeurs d'agence d'intérim), la tendance est unanimement reconnue. Comment redonner le goût de l'effort, comment faire comprendre que la vie, ce n'est pas la Star'ac ou je ne sais quelle émission populaire?

Un jeune garçon m'a parlé aujourd'hui de certains rites chez les Masais, dont celui du mariage. Dans le village qu'il a visité en Tanzanie, les hommes, pour avoir le droit de se marier, doivent remplir une mission. Avant, il leur fallait occire un lion, espèce désormais protégée. Ils doivent donc maintenant partir vivre dans les bois avec un troupeau de vaches, et revenir au bout de 30 jours sans en perdre une seule. Sinon, ils doivent recommencer 6 mois plus tard. C'est sûr que cette épreuve doit forger un peu le sens des responsabilités! Bien entendu, ne transposons pas la teneur de cette épreuve en France telle quelle (quoique, ça pourrait être assez intéressant!). Mais ne pourrait-on pas créer un petit quelque chose au niveau social, sociétal plutôt, pour fédérer une génération autour d'autre chose qu'un i Phone ou autre gourmandise technologique?

Je vous laisse la parole, toutes les idées seront bienvenues!

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24 novembre 2009

Le jardinier des couleurs

arcJe l'ai croisé presque par hasard, un matin. Je déambulais dans les rues encore désertes de ma ville, à l'affût des chocs sensoriels que ne manque pas de provoquer l'éveil de la pieuvre citadine. Ici, le bruit des camions de livraison, derrière le restaurant. Là, l'odeur de l'eau giclant sur les pavés, guidée par le balai des nettoyeurs vers les égouts plus lointains. La timide apparition d'un rayon de soleil entre les rideaux à peine entrouverts du jour naissant. Et une subite envie de fuir tout ça, d'aller en dehors des sentiers battus pour goûter d'autres saveurs.

J'ai pris à droite la ruelle montante, puis j'ai longuement descendu l'escalier aux mille marches m'amenant au bord de la rivière. L'onde mutine crépitait de joyeuses cascades, venant caresser mes pieds sur le sable gris de sa rive. J'ai marché un moment, perdue dans des rêveries vagabondes, jusqu'à ce que je l'aperçoive dans une clairière. Il me tournait le dos, et tenait quelque chose entre ses mains. Je ne pouvais qu'essayer de deviner à quoi correspondaient ses mouvements répétés, levant l'objet et l'abattant sur le sol dans un bruit mat et sourd.

Curieuse, je me suis approchée lentement, prenant garde de ne pas me montrer , par peur de déranger ce cogneur inconnu, ignorante de ses réactions. Je me suis retrouvée assez loin de lui, mais le voyant enfin de face, cachée parmi les fourrés de ce sous bois magnifique. J'ai découvert avec surprise son visage. Il était vieux, aussi vieux que la Terre elle-même, de longs cheveux blancs ruisselant sur son front traversé de rides profondes. Il portait une tunique argentée recouvrant un pantalon marron d'étoffe grossière et était pieds nus. L'objet dans ses mains était une pioche au manche tortueux comme usé par les ans. Il a continué son va-et-vient de la terre au ciel un bon moment, avant de poser son outil à terre pour essuyer son visage, et se saisir d'un rateau à l'aspect centenaire.

Il a ratissé la terre à ses pieds, la caressant presque amoureusement du plat du métal après avoir creusé les sillons parallèles. Il a ensuite jeté un regard furtif vers le ciel, et a prestement enfoui la main dans sa poche, en retirant quelque chose que je ne pouvais voir. Il a secoué ses doigts au-dessus des sillons, et d'un air satisfait, a ramassé ses outils et s'est éloigné en sifflotant un air inconnu. Je me suis approchée encore, voulant voir ce qu'il avait laissé au ventre de la Terre, mais à ce moment, le soleil déjà levé depuis un moment a été obscurci par de gros nuages noirs, laissant présager une ondée peu amicale pour mes épaules non protégées. J'ai donc commencé à rebrousser chemin alors que les premières gouttes glacées commençaient à s'abattre sur moi.  Les flèches du ciel se sont bientôt mises à me transpercer, me trempant jusqu'aux os sans rémission. Mon pas s'est fait plus rapide, mais a été stoppé brutalement par l'apparition d'un rayon de soleil déchirant les nuages. Je me suis instinctivement retournée, et j'ai vu s'élever du sol le plus bel arc-en-ciel que j'avais jamais vu. Oui, il s'élevait, lentement, majestueusement, étirant ses couleurs en un dégradé infini avant de s'incliner en arc vainqueur vers les courbes de l'horizon.

Et j'ai compris que le vieillard solitaire avait semé des graines de couleurs en voyant le pied de l'arche s'iriser de mille feux et projeter vers le ciel ses bras multicolores. J'avais rencontré sans le savoir le Jardinier des Couleurs.

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20 novembre 2009

Parenthèse

parenthese

celine

A Valclair. Merci!

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19 novembre 2009

Le petit gars tombé sur la Terre

terreSimon, les yeux qui pétillent de malice, vient me voir du haut de ses 6 ans, essentiellement pour un certificat de sport, la capoeira, pour être plus précis.

" Tu sais ce que c'est, la capoeira? me demande-t-il avec un air suspicieux.
- Bien sûr! que je rétorque, histoire de ne pas avoir l'air has been d'entrée de jeu. J'ai vu ça à la télé, c'est très beau, physique et artistique en même temps. Tu en fais, toi?
- Ouais! se rengorge-t-il devant mon étalage de connaissances élogieuses. C'est super!
- Bon! Alors, on y va? On va voir si tu es en pleine forme pour en faire, d'accord?
- D'accord!"

S'ensuit l'examen physique du petit bonhomme, sans particularité. Sa maman en profite pour lui glisser à l'oreille quelques mots, puis me dit qu'il voulait me parler de quelque chose avant de venir en consultation.

"Je fais des bruits, parfois.

-Quel genre de bruits?

-Hiiiiiiiiii! couine-t-il de façon stridente.

- En effet! Et ça arrive souvent?

-Assez, oui, dit la maman à ce moment. Il fait ça quand il est en surcharge émotionnelle, triste ou joyeux, dans la même proportion. Il n'a pas arrêté hier, il était invité à l'anniversaire d'un copain et était très heureux d'y aller.

- Est-ce que ça te gêne?

-Non, je ne m'en aperçois pas, c'est maman qui me dit d'arrêter, mais je n'y peux rien!

-Ce sont comme des tics vocaux, dit la maman. On essaie de ne pas trop en faire cas, mais parfois c'est difficile!"

Et ainsi de suite. J'ai appris qu'il était le second d'une fratrie de 3, avec un frère aîné et une petite soeur de 2 ans, et qu'il a toujours eu du mal avec ses émotions. Il a d'ailleurs été suivi par une psychologue il y a 2 ans dans ce cadre, sans investissement personnel, ce qui semble assez évident à 4 ans... Il est en CP, et ne s'intéresse pas du tout à la lecture, ce qui occasionne des débats passionnés dans la famille, vu que le grand frère est un fanatique de livres et savait déjà lire en grande section. Un saut de classe avait été envisagé mais non pratiqué. Quant à la petite soeur, je la connais, c'est une petite fille assez accaparante, la petite dernière, et elle sait bien "utiliser" son entourage, déjà! Pendant que je parle avec la maman, Simon joue l'air de rien avec les petites voitures et le garage. Je lui dis alors:

"Dis-moi, ça ne doit pas être facile tous les jours, à la maison, pour toi!

-Oui... répond-il en m'accordant toute son attention.

-Tu as un grand frère qui sait faire des tas de choses que tu sauras faire toi aussi quand tu auras son âge, et ta petite soeur est trop petite pour faire des choses que tu sais déjà faire; tes parents doivent donc plus s'en occuper pour l'aider. Et toi, tu es au milieu de tout ça, pas simple!

-Tu as raison! rayonne-t-il

-Je suis sûre que toi aussi tu sais faire des tas de choses extras, même si ce n'est pas lire. Le sport, par exemple?

-J'adore ça! (ce que me confirme le regard de la maman). Et je suis un champion sur ma Game Boy!

-Je vois que tu as la même que moi, dis donc! C'est la Advance, c'est ça? Et tu joues à quoi? Moi, j'adore Zelda!"

Il me sort un nom de jeu inconnu où il est question de batailles terribles. Je sens que j'ai marqué des points, il m'accorde plus d'attention qu'au début. C'est qu'un médecin fanatique de Zelda, ça vous pose un praticien, quand même! J'en profite pour remettre sur le tapis la notion de psychologue.

"Ta maman m'a dit tout à l'heure que tu as déjà vu un psychologue. Je pense que ça serait bien de le revoir pour parler de toi. Un psychologue, c'est quelqu'un qui comprend comment tu fonctionnes, et qui peux t'aider à contrôler tes émotions, par exemple.

- Ben... C'est comme toi, alors?

-Par tout à fait! Je comprends ce que tu me dis, bien sûr, mais cette personne est vraiment spécialiste. Moi je sais soigner un peu de tout, les rhumes, les angines par exemple, mais je préfère que tu ailles voir le psychologue pour le reste! Par contre, c'est à toi de prendre la décision d'y aller, sinon, ça ne servira pas à grand chose. Tu y réfléchiras, et quand tu seras prêt, tu en parleras à tes parents, d'accord?

-D'accord!"

Je remplis le certificat de sport, et lui demande sa date de naissance.

-Qu'est-ce que c'est? Ah oui, c'est le jour où je suis tombé sur la Terre!

-C'est ça! dis-je en rigolant!

-Pourquoi tu ris?

-On ne m'avait jamais présenté les choses comme ça, alors c'est rigolo!"

La consultation s'est terminée dans la bonne humeur. Ce même petit gars m'avait demandé aussi un peu plus tôt, alors qu'il enlevait ses chaussures pour l'examen sous le regard affolé de sa mère prenant conscience de la propreté toute relative de ses pieds, si moi aussi je puais des pieds!

Ah! La fraîcheur des enfants!

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16 novembre 2009

Pavane pour un amour défunt

mains_genouxLes mains tremblantes sagement posées sur mes genoux, j'essaie de contenir l'énergie qui point et gonfle au sein de ma chair. Je sens la lente pulsation du désir s'emparer de moi tandis que je pense à lui, au parcours chaotique de ses mains sauvageonnes sur le terreau de mon corps. Je repousse sans conviction les vrilles lancinantes de la passion qui me dévore l'âme et je gémis sur la faiblesse qui m'assaille et me terrasse. Je m'offre en songe au fantôme de mes pensées, et sur l'autel du plaisir immole mon esprit et abdique ma raison. Délicieux supplices au creux de mes hanches, volages tourments aux indicibles secrets, succube je deviens pour l'éternité d'un soupir. Mais de ces clandestines rêveries ne reste qu'un amas de souvenirs à peine ternis par la rumeur bruissante d'un présent malhabile.

D'un geste attristé, mes mains bougent sur mes cuisses, lissant d'une manière ordonnée les faux plis qui s'y sont glissés lors de cette trop longue attente, et je pleure longuement sur mes erreurs et le vide de ma vie. Je maudis les lumières trop vives détruisant les graciles lucioles de l'obscurité. Je me lève enfin, appelant de toutes mes forces le calme intérieur qui me fait si cruellement défaut. Et je pense que demain, la journée sera longue.

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Introspection

nombrilPakita, toute à sa joie de fêter son bloganniversaire, propose une petite interview à des invités triés sur le volet, dont elle me fait l'honneur d'être: le Big Tag des Blogs aux Potes (BTBP). Je traduis pour les rebutés de la formule familière: "Les innombrables lecteurs de votre blog souffrent d'une certaine curiosité à votre encontre, il serait de bon aloi de leur livrer quelques détails croustillants sur votre mode de fonctionnement cérébral, afin qu'ils puissent juger nécessaire ou non de vous enfermer tout de suite".

Commençons donc le massacre.

Le blog à toi que t'as (traduction: il s'agit de la feuille de chou virtuelle étalée devant vos yeux).

       Et pourquoi ce nom?

J'aime le concept de "vagabondages", cela suggère une errance sans but, propice à une certaine ouverture sur le monde, ce qui peut paraître un peu paradoxal si on considère la virtualité du mode de communication que constitue un blog. Je suis la première surprise sur les avancées toutes intérieures qu'il m'a permis de faire, avec des répercussions positives dans ma vie, notamment au niveau professionnel. Je m'aperçois que je suis encore plus à l'écoute des gens qui poussent la porte du cabinet où je sévis. Je dirais que le point négatif est que je prends encore plus de retard entre 2 patients...

Et puis "femme médecin" signifie aussi que derrière l'étiquette d'un métier, il y a un assemblage de cellules toutes féminines, bien ancrées dans leur statut XX (que ce soit X ou XXL...). Je vis, je respire, je mange, et ma vie ne se résume pas à être scotchée à un bureau 10 heures par jour.

"Le pays de l'improvisation" est un territoire difficile à trouver sur une carte, il change sans cesse de coordonnées, ce qui rend son accès parfois épuisant, mais toujours enrichissant. Il est d'autant plus difficile à localiser qu'on lui colle au train, alors qu'il se laisse apprivoiser quand on s'y attend le moins. La visite vaut le détour, croyez-moi!

       Et pourquoi ce pseudo?

Med'celine me semblait bien sonner, une espèce de mélange entre Médecine et Céline, à prononcer sans accent pour conserver une certaine musicalité, avec cette sonorité en "ssss" qui semble glisser entre les dents d'une insaisissable manière...

       Et pourquoi ce look?

J'apprécie le calme visuel. Rien ne m'agresse plus que ces blogs où tout clignote, flashe, explose. Sans doute un effet de la sénescence de mes rétines. Je voulais des couleurs sobres, claires, harmonieuses. Enfin un endroit à moi qui est en harmonie avec mon ressenti (vous verriez ma maison... Sans commentaire!)...

       Et pourquoi ce genre?

Voilà une question difficile! Il m'est impossible d'accorder un genre à mon blog. L'inspiration est mouvante, et s'il me prend d'écrire des compte-rendus de consultations, pour rien au monde je ne me cantonnerais à cela, pour les mêmes raisons que j'invoquais plus haut: je suis médecin, certes, mais aussi (surtout?) femme, être humain et aussi animale, avec des instincts sauvages zé beaux... Je conviens donc qu'il n'est pas de mon ressort de me coller un genre, ça, c'est le boulot des lecteurs!

       Et pourquoi cet hébergeur?

J'ai tâté de l'Overblog et du côté de chez Idoo avant d'atterrir à Canalblog. La plateforme est d'une utilisation simplissime, ce qui me convient parfaitement. Je ne suis pas une passionaria du code HTML (désolée Pakita!). En outre, CB ne nous abreuve pas trop de pubs, elles savent rester discrètes, même si parfois, leur adéquation avec mes textes ne saute pas aux yeux (j'ai même eu un magnétiseur, apparu à la suite d'un billet anodin, dont le seul point commun avec moi était Nantes...)

       Et à propos des commentaires?

C'est le plus important. Ils font vivre le blog, le nourrissent, l'embellissent. J'aime recevoir des commentaires, cela crée un lien indispensable avec mes textes. Je suis désabusée quand je n'en reçois pas (ce qui devient heureusement rare, grâce à vous!). Ecrire sur un support pouvant être lu par tous est totalement différent d'un journal intime, qu'on cache jalousement sous le matelas. Certains pourront y voir une tendance exhibitionniste, d'autres (plus nombreux, j'espère!) un désir de partage intense, une espèce de remue-méninges, de creuset recueillant des expériences de vie totalement différentes et donc complémentaires. Certains sont des as en poésie, dans des genres différents, et m'ont ouvert les yeux sur ce style que je croyais être à 180° de moi. D'autres sont dans l'empathie du fait de leurs professions, et leur vécu me sert dans ma vraie vie de médecin et de femme. D'autres encore se contentent d'aligner les anecdotes avec un style émouvant ou humoristique. Tous ont en commun l'amour de l'écriture, notre ciment, je crois.

Et si tu pouvais changer kikchose? (traduction: envie de changer de tête? Rendez-vous chez votre coiffeur-visagiste pour un relooking total!)

       Le nom?

Non, il me convient parfaitement... pour le moment!

       Le pseudo?

La seule chose qui pourrait m'en faire changer serait la perte de l'anonymat.

       Le look?

Peut-être; il m'arrive de changer un peu parfois l'agencement des liens, ou encore ma photo. Le reste me convient bien.

       Le genre?

Faudrait déjà que j'en définisse un...

       L'hébergeur?

Non plus! Pour les photos, Hautetfort a un meilleur rendu esthétique, c'est pour cette raison que j'ai migré là-bas.

       Les commentaires?

Oui: j'en veux plus! Couvrez-moi de vos mots, je me sens nue sans eux, et j'ai froid!

Voilà, désolée pour la longueur! Merci d'avoir persévéré jusqu'au bout!

  

Posté par Medceline à 13:52 - Les petits plaisirs de Med'celine - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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